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Venezuela sous les ruines l aide internationale ne suffit pas à combler le vide

Près de 1 700 morts officiels, 50 000 disparus et des dizaines de milliers de bâtiments réduits en poussière. Une semaine après le double séisme, le…

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Venezuela sous les ruines l aide internationale ne suffit pas à combler le vide

Près de 1 700 morts officiels, 50 000 disparus et des dizaines de milliers de bâtiments réduits en poussière. Une semaine après le double séisme, le Venezuela est asphyxié par des besoins gigantesques que les secours étrangers peinent à satisfaire.

Le nord du Venezuela a vécu l impensable. Un premier séisme, puis un second, ont rayé des quartiers entiers de la carte. Dans l État de La Guaira, le plus touché, la vie s est arrêtée. Les rayons des magasins sont vides. L eau courante ne coule plus. Les téléphones ne passent plus. Selon la Nasa, près de 59 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits. Les chiffres officiels parlent de 1 719 morts et plus de 5 000 blessés, mais l ONU estime que 50 000 personnes manquent encore à l appel. Les familles fouillent les gravats avec leurs mains, sans attendre les secours qui tardent.

Une trentaine de pays ont pourtant envoyé du renfort. Plus de 2 000 secouristes et 160 chiens s activent sur le terrain. Les États-Unis, eux, ont rouvert le port de La Guaira, symbole fort après l arrestation de l ancien président Maduro en janvier. Un navire amphibie américain a débarqué de l aide humanitaire. Washington a doublé son budget d assistance pour atteindre 300 millions de dollars, versés aux ONG et aux agences onusiennes. Mais face à l ampleur du désastre, ces moyens paraissent dérisoires. Le Haut Commissariat aux réfugiés estime avoir besoin de 15 millions de dollars rien que pour loger 30 000 personnes pendant six mois.

Les morgues improvisées débordent. Dans le port de La Guaira, des entrepôts font office de dépôt funéraire. À Caracas, les crémations s enchaînent à un rythme infernal. Un employé du cimetière raconte avoir préparé entre 100 et 200 tombes chaque jour, et prévient que ce n est que le début. L OMS alerte sur les risques sanitaires. Trente huit hôpitaux ont été touchés, dont trois sont hors service. La coupure des réseaux d eau et d assainissement, combinée aux déplacements de population, pourrait déclencher des épidémies de rougeole, de diphtérie ou de coqueluche. L ONU a déjà livré 10 000 sacs mortuaires.

Les rescapés commencent à perdre patience. Dans le village touristique d El Junquito, proche de Caracas, des familles se disent oubliées. Les militaires ont bouclé les accès, mais les engins de déblaiement ne sont jamais arrivés. Dayana Garcia, 44 ans, réclame des machines. Carmen Angarita, rescapée d un immeuble effondré, raconte sa peur d être enterrée vivante. Pendant des heures, les voisins ont creusé à mains nues. Une nouvelle réplique de magnitude 4,6 a ravivé la panique lundi. Les autorités n ont pas signalé de dégâts supplémentaires, mais pour les survivants, chaque secousse ramène le cauchemar.

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