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Une avocate hongkongaise assume ses actes devant la justice

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Chow Hang-tung, militante prodémocratie et organisatrice de veillées en mémoire de la répression de Tiananmen, a revendiqué ses actions lors de sa plaidoirie finale devant un tribunal de Hong Kong, mardi.

Ancienne avocate de profession, Chow Hang-tung comparaît aux côtés de Lee Cheuk-yan, un syndicaliste âgé de 69 ans, pour avoir organisé des rassemblements annuels à la bougie en souvenir des événements du 4 juin 1989. Tous deux sont inculpés pour incitation à la subversion et encourent jusqu’à dix années de réclusion. Placés en détention provisoire depuis leur mise en examen en 2021, ils étaient auparavant dirigeants de l’Alliance de Hong Kong, une formation politique aujourd’hui dissoute.

En arrivant au palais de justice, Mme Chow a adressé un sourire à ses soutiens. Devant les magistrats, elle a qualifié l’affaire d’étrange, soulignant que les faits reprochés n’étaient pas contestés. Les accusés revendiquent pleinement les actes que le parquet considère comme criminels, a-t-elle expliqué. Selon elle, le véritable enjeu du procès réside dans la définition de ce que la loi réprime et de ce qu’elle protège.

La veille, le ministère public avait accusé les deux militants d’avoir compromis la sécurité nationale au nom des droits humains, rappelant que les libertés d’expression et d’association ne sont pas absolues. L’Alliance de Hong Kong, fondée en mai 1989 pour soutenir les étudiants et travailleurs qui organisaient des rassemblements prodémocratie à Pékin, est soupçonnée d’avoir appelé à plusieurs reprises à la fin du régime de parti unique en Chine, ce que les procureurs assimilent à une tentative de renversement du système politique.

Mme Chow a rétorqué que ce slogan visait à dénoncer un pouvoir sans limite. La constitution chinoise, a-t-elle affirmé, a été conçue pour encadrer les détenteurs de l’autorité et non pour restreindre les citoyens ordinaires. Elle a jugé absurdes les accusations selon lesquelles le groupe aurait encouragé à enfreindre la loi fondamentale.

Lundi, M. Lee, qui avait été témoin de la répression de 1989, a déclaré ne nourrir aucune animosité envers le Parti communiste chinois et espérer une évolution de celui-ci. Un troisième prévenu, l’ancien député Albert Ho, a plaidé coupable en janvier.

Durant les audiences, de nombreux extraits vidéo ont été diffusés, montrant les accusés prenant la parole lors de veillées et de manifestations au fil des ans. Les autorités de Hong Kong affirment que la loi sur la sécurité nationale n’a pas d’effet rétroactif, mais les procureurs citent fréquemment des contenus antérieurs à 2020 comme éléments de preuve.

Un retraité de 69 ans présent au tribunal a confié ne pas croire que les citoyens ordinaires aient la capacité de renverser l’État. Les Hongkongais ne possèdent ni armes ni fusils, a-t-il dit, ajoutant qu’ils se contentent d’exprimer des opinions.

Selon Urania Chiu, maîtresse de conférences en droit à l’université d’Oxford Brookes, ce procès pourrait avoir des conséquences importantes. Si l’interprétation large et vague de l’infraction avancée par l’accusation est retenue, les critiques légitimes à l’égard des politiques gouvernementales, même mineures, risquent d’être facilement criminalisées.

Le juge Alex Lee a ajourné le procès jusqu’en juillet.

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