Société
Monique Barbut menace de quitter le gouvernement si la loi agricole franchit ses limites


La ministre de la Transition écologique conditionne son maintien au sein de l’exécutif à l’absence de reculs environnementaux majeurs dans le projet de loi d’urgence agricole.
Le projet de loi d’urgence agricole, dont l’examen débute ce mardi à l’Assemblée nationale, constitue un véritable test pour la cohésion gouvernementale. Porté par le sénateur Laurent Duplomb, ce texte avait déjà suscité de vives polémiques lors de sa précédente mouture, notamment en raison d’une tentative de réintroduction de l’acétamipride, un pesticide interdit en France. Le Conseil constitutionnel avait alors censuré cette disposition. Aujourd’hui, la ministre de l’Écologie, Monique Barbut, affiche clairement ses limites. Elle estime que la version adoptée par le Sénat déterminera sa place au sein du gouvernement. « Je redoute que les débats sénatoriaux ne se transforment en un catalogue de régressions », confie-t-elle. L’acétamipride et les enjeux liés à la qualité de l’eau constituent pour elle des lignes infranchissables.
Les relations entre la ministre et Matignon semblent pour le moins tendues. Ce n’est pas la première fois que Monique Barbut agite la menace d’une démission. Elle l’avait déjà fait en février dernier, avant les élections municipales, puis fin avril, après le G7 sur l’environnement. Affaiblie par une infection pulmonaire, elle s’était fait excuser du Conseil des ministres le 29 avril et avait pris du recul. Elle a depuis adopté une ligne de conduite claire : « Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher les reculs écologiques. Le jour où je ne suis plus utile, je cesse ma mission. »
Une certaine défiance s’est installée entre les équipes du Premier ministre et celles de la ministre de l’Écologie. Matignon n’aurait pas apprécié qu’un communiqué sur les certificats d’économie d’énergie soit diffusé sans son aval, alors que le Rassemblement national menait une offensive politique sur le sujet. En janvier dernier, l’exécutif avait également commandé une enquête sur la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité, en raison de ses liens présumés avec le parti Les Écologistes. Cette procédure a finalement été classée sans suite.





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