Faits Divers
Un représentant de Swiftair défend la formation des pilotes devant la justice
Devant le tribunal correctionnel de Paris, le vice-président de la compagnie propriétaire de l’appareil a soutenu que l’équipage disposait des compétences requises, contredisant les conclusions de l’enquête sur les causes de l’accident.
Le représentant de la compagnie aérienne Swiftair a affirmé, lors de l’audience, que le commandant de bord et son copilote possédaient une qualification adéquate. La société madrilène, propriétaire de l’avion, comparaît pour des homicides involontaires suite à la perte de l’appareil qui avait décollé de Ouagadougou à destination d’Alger. Le drame avait coûté la vie à cent seize personnes, dont cinquante-quatre ressortissants français.
L’enquête technique avait pourtant révélé plusieurs manquements. Elle a établi que, lors du vol de nuit à travers une zone orageuse, le système d’antigivrage n’avait pas été activé. Cette omission a entraîné la formation de glace sur des capteurs, provoquant une décélération automatique des moteurs. L’équipage n’aurait pas réagi de manière appropriée à cette situation, conduisant au décrochage de l’appareil. Les investigations ont également souligné l’insuffisance des heures d’entraînement sur simulateur des deux pilotes, qui exerçaient sous un statut saisonnier avec de longues périodes d’inactivité. Le commandant ne remplissait pas, à ce titre, tous les critères d’expérience récente exigés pour ce type de mission.
Interrogé sur le lien possible entre ces carences et l’accident, le vice-président de Swiftair a répondu par la négative, suscitant une réaction dans le public où étaient présentes des familles de victimes. Il a ensuite développé un argumentaire complexe, suggérant qu’un éventuel manquement aurait pu être compensé. Concernant la gestion du système d’antigivrage, il a assuré que le pilote, avec lequel il entretenait des relations personnelles, en maîtrisait parfaitement le fonctionnement.
Interpellé sur les raisons qui auraient pu empêcher l’accident, le dirigeant a évoqué tour à tour le manque de précision des manuels de vol, les conditions météorologiques et le facteur humain. Il a précisé sa pensée en mentionnant une charge de travail élevée, des problèmes de communication dans le cockpit et des éléments liés à la formation individuelle, tout en maintenant qu’aucune de ces considérations ne constituait une faute pénale. La présidente du tribunal lui a rappelé que cette appréciation relevait de la seule autorité judiciaire.
En réponse à une question insistante d’une magistrate sur l’incapacité des pilotes à reprendre le contrôle de l’avion, le représentant a concédé son ignorance. Il a néanmoins indiqué que la compagnie avait, depuis les événements, renforcé ses procédures de vérification concernant l’accomplissement obligatoire des heures de simulateur et d’entraînement pour tous ses équipages. Les débats doivent se poursuivre avec les plaidoiries des parties civiles et les réquisitions du ministère public, avant la présentation des arguments de la défense. La compagnie encourt une amende maximale de trois cent soixante-quinze mille euros.
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