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Un animateur parisien jugé à huis clos pour des agressions sexuelles sur neuf fillettes

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Le tribunal correctionnel de Paris a ordonné le huis clos pour le procès d’un employé du périscolaire, accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles sur d’anciennes élèves d’une école du 11e arrondissement.

L’audience s’est ouverte mardi après-midi dans une salle fermée au public, après que les avocats des parties civiles ont plaidé pour la protection de l’intimité des victimes, toutes âgées de dix ans au moment des faits. Cinq des neuf fillettes sont représentées par Me Julie Chalumeau, tandis que les parents de quatre autres anciennes élèves de la classe de CM2 de l’école Titon, située dans l’est de la capitale, ont comparu sans conseil.

Nicolas G., 47 ans, est poursuivi pour harcèlement sexuel à l’encontre de l’ensemble des neuf enfants et pour agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Les faits dénoncés remontent à l’année 2024. Selon les témoignages recueillis, l’animateur avait l’habitude d’interpeller les fillettes avec des surnoms affectueux tels que « la plus belle », « mon cœur » ou « mon trésor ». Il leur aurait également raconté des histoires à caractère violent, pris l’une d’elles sur ses genoux et touché la poitrine d’une autre. À l’une des élèves, il aurait lancé « je te ferais des bisous partout si je pouvais », selon les propos rapportés par les enfants à leurs parents.

L’agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. Le collectif SOS Périscolaire a exprimé l’espoir d’une « condamnation exemplaire », estimant qu’elle pourrait ouvrir la voie à d’autres procédures et servir de signal fort. Ce procès est le premier à être jugé depuis la révélation de violences répétées au sein des activités périscolaires parisiennes. Depuis le début de l’année 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles.

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a qualifié la situation de « systémique ». Face à l’ampleur du scandale, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a dévoilé à la mi-avril un plan d’action doté de 20 millions d’euros, présenté comme la « priorité absolue » de son début de mandat. Ce dispositif prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec la création d’une cellule d’écoute dédiée, une « transparence totale » envers les familles, ainsi qu’une professionnalisation d’une filière largement précarisée, puisque la grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires.

Cependant, les 3 775 signataires d’une lettre remise mardi à Emmanuel Grégoire, dont 2 331 parents, estiment que « malgré une prise de conscience sur les défaillances du périscolaire, dans les écoles, concrètement, rien n’a changé ». Soutenus par SOS Périscolaire, ils demandent au maire d’allouer des moyens supplémentaires à une filière qui souffre d’un « manque chronique d’effectifs ». Les syndicats de la profession ont quant à eux appelé à une grève entre le 11 et le 22 mai.

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