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Un an après sa mort en détention, le Venezuela admet enfin le décès d’un opposant

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Les autorités vénézuéliennes ont reconnu jeudi la mort en prison de Víctor Hugo Quero Navas, un prisonnier politique décédé depuis neuf mois, et ordonné l’exhumation de son corps à la demande de sa mère, qui n’avait jamais été informée du décès.

L’administration pénitentiaire vénézuélienne a publié un communiqué dans lequel elle admet pour la première fois le décès d’un détenu politique, plusieurs mois après sa disparition. Víctor Hugo Quero Navas, 51 ans, avait été arrêté le 3 janvier 2025 et transféré le 15 juillet suivant à l’Hôpital militaire de Caracas. Il est mort dix jours plus tard d’une insuffisance respiratoire aiguë, selon les autorités.

Le ministère public a annoncé que le corps allait être exhumé dans les prochaines heures pour une identification formelle, dans le cadre d’une enquête ouverte à la demande de Carmen Navas, la mère du défunt. Celle-ci avait été conduite jeudi après-midi au cimetière de La Puerta, où son fils avait été inhumé le 30 juillet 2025 sans qu’elle en soit avertie.

Dans leur communiqué, les autorités pénitentiaires ont justifié ce silence en affirmant que le détenu n’avait fourni aucun renseignement sur ses liens familiaux et qu’aucun proche ne s’était manifesté pour lui rendre visite. Une version que conteste fermement l’ONG Foro Penal, qui défend les prisonniers politiques. Son président, Alfredo Romero, a dénoncé une situation révoltante, rappelant que la mère de Víctor Hugo Quero Navas le recherchait depuis des mois sans obtenir la moindre information. Elle s’était rendue à la prison de Rodeo I, où l’on avait refusé de lui communiquer le lieu de détention de son fils, alors même que les autorités savaient qu’il était décédé.

Cette affaire intervient dans un contexte de forte pression sur le pouvoir vénézuélien depuis la capture de l’ancien président Nicolás Maduro par l’armée américaine le 3 janvier. La présidente par intérim Delcy Rodríguez a promulgué une loi d’amnistie qui a permis la libération de centaines de prisonniers politiques, mais environ cinq cents d’entre eux restent incarcérés, selon les ONG.

Edmundo González Urrutia, qui revendique la victoire à l’élection présidentielle de 2024, a vivement réagi sur les réseaux sociaux, estimant que Víctor Hugo Quero Navas avait été enterré sans que sa mère en soit informée et que ce qui s’était passé relevait d’une disparition forcée. Il a appelé le Venezuela à répondre de ses actes devant la justice et à faire connaître la vérité.

Pour Marino Alvarado, de l’ONG Probea, cette affaire constitue une preuve de la gravité des disparitions forcées et de l’absence d’institutions indépendantes capables de garantir le respect des droits humains. Il a réclamé l’ouverture d’une enquête visant notamment le ministre des Affaires pénitentiaires, le directeur de la prison d’El Rodeo et l’ancien procureur général Tarek William Saab. Il a souligné qu’il ne pouvait être tenu pour normal qu’un prisonnier soumis à une disparition forcée meure et que l’information soit dissimulée.

La nouvelle médiatrice de la République, Eglée González Lobato, nommée en avril, a de son côté demandé une enquête exhaustive, indépendante et transparente.

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