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Trump et Xi affichent leur entente, le concret reste mince

Trois jours de fastes, des sourires et une poignée de résultats concrets. Entre Washington et Pékin, l’image d’une relation apaisée prime, mais les…

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Trump et Xi affichent leur entente, le concret reste mince

Trois jours de fastes, des sourires et une poignée de résultats concrets. Entre Washington et Pékin, l’image d’une relation apaisée prime, mais les dossiers qui fâchent n’ont pas bougé.

Donald Trump a réservé une sortie peu banale à son invité chinois. Direction les Archives nationales de Washington, où est conservée la Déclaration d’indépendance, l’un des textes fondateurs de la démocratie américaine. Le temps d’un passage éclair, les deux hommes se sont prêtés au jeu des caméras. Le président américain en a profité pour glisser que la question iranienne avait été évoquée avec Xi Jinping. Téhéran, allié de Pékin, était donc au menu des discussions. Interrogé sur une éventuelle réouverture du détroit d’Ormuz, il a voulu rassurer, assurant que tout allait très bien se passer, sans livrer le moindre détail. Il a surtout retenu une rencontre très positive avec son homologue.

Le décor, lui, était soigné. Sur les marches de l’imposant bâtiment de style néo-classique, Donald Trump et Melania ont accueilli Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan, avant que le couple chinois ne reprenne la route. Un thé à la Maison Blanche, plus tôt dans la journée, avait déjà donné le ton. Le président américain a parlé de progrès énormes et très positifs pour les deux pays. Sauf que derrière les sourires, le bilan concret se révèle maigre. La trêve commerciale entre les deux géants a simplement été prolongée jusqu’au 10 janvier, et Washington s’apprête à accueillir deux pandas, ambassadeurs aussi attendrissants qu’utiles à la diplomatie chinoise.

Les deux dirigeants ne comptent pas en rester là. Xi Jinping a évoqué deux nouvelles occasions de se revoir d’ici la fin 2026, au sommet de l’APEC organisé en Chine à la mi-novembre, puis au G20 en Floride en décembre. Donald Trump a confirmé. Ces rendez-vous porteraient à cinq le nombre de leurs rencontres depuis le retour du républicain au pouvoir en janvier 2025. De quoi cultiver une relation que le dirigeant chinois présente comme une grande amitié.

Sur le fond, les sujets sensibles n’ont pas disparu. Xi Jinping a appelé Washington à la prudence au sujet de Taïwan, une île que la Chine considère comme sienne et que les Etats-Unis soutiennent militairement. Il a aussi défendu une coexistence pacifique entre les deux premières puissances mondiales, engagées dans une rivalité féroce sur les plans militaire, technologique, diplomatique et stratégique. Son passage à Washington, selon lui, a apporté plus de substance à la relation bilatérale.

Les deux camps ont misé gros sur l’image. Donald Trump, 80 ans, s’est déplacé en personne pour accueillir son hôte à la descente d’avion, un geste rare. Sur une vidéo, on le voit montrer à Xi Jinping un portrait des deux hommes accroché non loin du Bureau ovale. Cette proximité a valu au président américain de nouvelles critiques de ses opposants, lui qui a aussi exposé un cliché pris avec le président russe Vladimir Poutine.

Cette visite s’est déroulée en pleine controverse autour de l’accès de la presse à Donald Trump. Le principe de la liberté de la presse figure dans un amendement de la Constitution américaine, l’un des textes exposés aux Archives nationales. Mécontent d’une couverture jugée trop négative, le président avait ordonné de bloquer l’accès de trois médias, dont CNN, à la Maison Blanche. Il n’est revenu en arrière qu’après une décision de justice et la mobilisation d’autres grandes chaînes. Les retransmissions télévisées de la visite en ont été perturbées, au grand dam d’un président friand de petit écran, qui a vanté devant Xi Jinping l’amabilité des journalistes chinois. Un contraste frappant avec le classement de l’ONG Reporter sans frontières, qui place la Chine à la 178ème place sur 180 pays en matière de liberté de la presse.

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