Société
Strasbourg, une alliance de la gauche pour un second tour décisif
À huit jours du scrutin, la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, s’allie avec La France insoumise pour tenter de conserver la mairie face à la candidate socialiste Catherine Trautmann, dans une triangulaire aux contours incertains.
La maire sortante de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a officialisé ce lundi une fusion de liste avec La France insoumise en vue du second tour des élections municipales. Arrivée en troisième position au premier tour, la candidate écologiste entend ainsi créer une dynamique pour contrer la favorite, l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann. Cette alliance se fait cependant au prix du départ des colistiers issus de Place publique, qui figuraient sur sa liste initiale.
Lors d’une déclaration commune avec Florian Kobryn, tête de liste LFI, Mme Barseghian a justifié cette union par la nécessité de rassembler la gauche face à ce qu’elle qualifie de « forces réactionnaires et conservatrices ». La liste fusionnée, qui intègre des élus issus des deux formations, se présente comme le prolongement local des coalitions nationales de la gauche. M. Kobryn a évoqué la constitution d’un « bloc populaire » face à un « bloc de droite radicalisé » et à un « bloc macroniste » qu’il associe à la candidate socialiste.
Cet accord stratégique intervient dans un contexte électoral particulièrement serré. Au premier tour, Catherine Trautmann avait obtenu près de 26 % des suffrages, devançant le candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter (24,2 %) et la liste Barseghian, qui frôlait les 20 %. Les deux partenaires de l’alliance espèrent que le report des voix insoumises, qui avaient atteint 12 %, leur permettra d’inverser la tendance. Ils mettent en avant des convergences programmatiques, notamment sur la lutte contre le sans-abrisme des familles et la gratuité des transports pour les jeunes.
La candidate socialiste a, de son côté, anticipé cette alliance en dénonçant dès dimanche une « méthode politique de la conflictualité » qu’elle oppose à sa propre recherche d’« apaisement » et de « dialogue ». L’ancienne ministre, âgée de 75 ans, cherche à reconquérir une mairie qu’elle a déjà dirigée par le passé. L’accord entre écologistes et insoumis a également suscité des réserves au sein de la section alsacienne du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui a réitéré son appel à refuser toute alliance avec LFI, pointant des positions qu’elle juge problématiques.
Le scrutin de dimanche prochain s’annonce donc particulièrement indécis, chaque voix pouvant être déterminante dans cette triangulaire où les recompositions politiques locales reflètent les fractures nationales.
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