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Seize ans après le drame, Airbus et Air France plaident l’absence de faute pénale

Alors que s’ouvre le procès en appel du crash du vol Rio-Paris, les deux géants de l’aéronautique maintiennent leur position défensive face aux accusations d’homicides involontaires.
L’audience d’appel du crash du vol AF447, qui avait coûté la vie à 228 personnes en 2009, se poursuit devant la cour parisienne avec les plaidoiries des représentants d’Airbus et d’Air France. Les deux entreprises, relaxées en première instance, réaffirment leur absence de responsabilité pénale dans cette affaire qui demeure la plus grave catastrophe aérienne de l’histoire française.
Le constructeur aéronautique est mis en cause pour avoir, selon l’accusation, minoré la gravité des dysfonctionnements des sondes anémométriques. Le givrage de ces instruments en altitude serait à l’origine de la perte de contrôle de l’A330. Airbus soutient pour sa part avoir toujours appliqué une politique de communication transparente envers les compagnies aériennes dès qu’un risque technique était identifié.
De son côté, Air France répond des accusations portant sur l’insuffisance présumée de la formation des pilotes face aux situations de givrage des sondes Pitot. La compagnie affirme avoir agi en toute conscience, estimant que les informations disponibles à l’époque ne justifiaient pas un module de formation spécifique pour ces circonstances.
Les débats ont connu des moments de tension, particulièrement lors des confrontations avec les avocats des parties civiles. Ceux-ci ont déploré le ton jugé trop technique des explications fournies, appelant à davantage d’humanité dans les échanges. En réponse, le représentant d’Airbus a procédé à une analyse détaillée des dernières minutes du vol, soulignant que les pilotes disposaient selon lui des éléments nécessaires pour éviter la catastrophe.
Lors du premier procès, le tribunal correctionnel avait reconnu l’existence de négligences tout en estimant que le lien de causalité avec l’accident n’était pas établi. La cour d’appel devra maintenant se prononcer sur cette question délicate, dans un dossier où l’enjeu dépasse largement l’amende potentielle de 225 000 euros pour concerner avant tout la réputation des deux entreprises.
Les audiences doivent se poursuivre jusqu’à la fin du mois, marquant l’aboutissement d’un long processus judiciaire entamé seize ans plus tôt.

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