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Quarante ans derrière les barres : le destin de Georges Abdallah entre les mains de la justice française

Condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans des assassinats politiques, le Libanais de 74 ans pourrait obtenir sa libération conditionnelle ce jeudi, après des décennies de détention.
La cour d’appel de Paris doit se prononcer ce jeudi matin sur une éventuelle libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 1984. Cet ancien dirigeant d’un groupe armé libanais d’obédience marxiste et pro-palestinienne purge une peine à perpétuité pour son implication dans les meurtres d’un diplomate américain et d’un responsable israélien au début des années 1980.
Bien que libérable depuis 1999, ses multiples demandes de remise en liberté ont systématiquement été rejetées. Cette fois, les juridictions compétentes semblent pencher en sa faveur, jugeant sa détention excessive au regard des faits qui lui sont reprochés. Les magistrats ont également pris en compte son âge avancé et son souhait de regagner son village natal au Liban, estimant qu’il ne constituerait plus une menace pour l’ordre public.
Lors d’une précédente audience en février, la cour avait toutefois exigé une démarche concrète de sa part concernant l’indemnisation des victimes, condition à laquelle il s’était toujours refusé par le passé. En juin, son avocat a néanmoins informé les juges qu’une somme de 16 000 euros était désormais disponible sur son compte carcéral à cet effet. Une avancée jugée insuffisante par le parquet antiterroriste et les États-Unis, parties civiles dans ce dossier, qui continuent de s’opposer fermement à sa libération.
Si la décision lui est favorable, Georges Abdallah sera immédiatement expulsé vers le Liban, où les autorités ont déjà assuré qu’elles prendraient en charge son retour. Son avocat a rappelé que la notion de repentir n’avait pas de fondement juridique en France, tout en soulignant l’absurdité d’une détention prolongée pour un homme âgé.
Figure emblématique des luttes politiques des années 1980, Georges Abdallah a toujours nié son implication directe dans les assassinats, tout en les qualifiant d’actes de résistance contre ce qu’il considérait comme une occupation étrangère. Son groupe, les Fractions armées révolutionnaires libanaises, n’a plus été actif depuis près de quarante ans. Pour la justice française, il incarne désormais un symbole d’un conflit révolu, loin des tensions qui ont marqué son procès.
La décision de ce jeudi pourrait donc clore l’un des plus longs chapitres de l’histoire pénitentiaire française. Reste à savoir si les magistrats suivront les recommandations favorables ou céderont aux pressions internationales.

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