Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Pourquoi les conseillers financiers français ne parlent jamais crypto à leurs clients

En France, 76% des conseillers financiers exercent dans des structures qui interdisent ou ignorent les actifs numériques. Pourtant, 40% d’entre eux…

Article

le

Pourquoi les conseillers financiers français ne parlent jamais crypto à leurs clients

En France, 76% des conseillers financiers exercent dans des structures qui interdisent ou ignorent les actifs numériques. Pourtant, 40% d’entre eux constatent un intérêt croissant de la part de leurs clients.

La France fait figure d’exception en Europe. Alors que l’Allemagne, l’Italie, la Suisse ou le Royaume-Uni voient des sociétés de gestion de patrimoine adopter des politiques actives sur les crypto, ici, aucune n’a franchi le pas. Ce n’est pas une question de compétence ou de demande. C’est un verrou institutionnel. Le chiffre parle de lui-même : 76% des conseillers travaillent dans des sociétés qui interdisent purement les actifs numériques ou n’ont fixé aucune règle. Et parmi ceux qui parviennent à en parler avec leurs clients, 73% le font dans des structures où ils n’ont pas le droit de formuler une recommandation. Le cadre est tout simplement absent.

Le paradoxe est frappant. 38% des conseillers financiers français déclarent qu’aucun de leurs clients n’a d’exposition aux crypto sans qu’ils le sachent. C’est le taux le plus élevé des cinq pays étudiés. Mais dans un marché où aucune société n’affiche de politique active, cette donnée ressemble moins à une preuve de contrôle qu’à un angle mort. Si le sujet n’est pas abordé, le conseiller ne voit tout simplement pas ce que son client détient ailleurs, sur des plateformes ou des portefeuilles personnels. Pendant ce temps, 40% des conseillers constatent que l’intérêt de leurs clients pour ces actifs augmente. Il y a une demande réelle, mais aucune intermédiation institutionnelle pour y répondre.

Alors, comment sortir de l’impasse ? Les professionnels interrogés placent en tête la création de produits éligibles UCITS (38%). C’est un enjeu structurel. En France, l’assurance-vie et les mandats OPCVM dominent la distribution de patrimoine. Un ETN crypto, quelle que soit sa qualité, ne peut pas y accéder sans ce label. L’expertise et la solidité de l’émetteur sont aussi jugées cruciales par 79% des conseillers français, le score le plus élevé des cinq marchés. Mais le cadre commence à bouger. La régulation européenne MiCA entre pleinement en vigueur le 1er juillet 2026, et l’AMF examine déjà quels actifs pourraient devenir éligibles aux fonds UCITS, une porte d’entrée vers l’assurance-vie. Attention toutefois : ces placements restent risqués, avec une forte volatilité et une exposition aux évolutions réglementaires. La prudence est de mise.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus