Monde
Plan américain pour l’Ukraine : dernières tractations à Genève

Alors que les délégations américaine et ukrainienne s’apprêtent à finaliser les modalités du projet de paix, les capitales européennes expriment leurs réserves sur un texte qui reprend plusieurs exigences russes.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio doit s’entretenir ce dimanche à Genève avec des représentants ukrainiens afin de peaufiner les derniers éléments du plan de paix proposé par l’administration Trump. Cette rencontre diplomatique intervient dans un contexte où le président Zelensky a salué la reprise des échanges tout en laissant entendre que des ajustements restaient nécessaires.
Le document, présenté comme une base de négociations, comporte vingt-huit points visant à mettre un terme à près de quatre années de conflit. Plusieurs dispositions alignées sur les demandes du Kremlin suscitent cependant des inquiétudes à Kiev comme dans les capitales européennes. Le texte prévoit notamment la cession de territoires ukrainiens à la Russie, une limitation des effectifs militaires de l’Ukraine et une renonciation à l’adhésion à l’OTAN, contre des garanties de sécurité occidentales.
Avant son entretien avec la délégation américaine, le négociateur ukrainien Andriï Iermak a consulté ses homologues britannique, français et allemand. Un responsable américain présent sur place a confié espérer voir aboutir ces ultimes discussions. Le président Trump avait initialement fixé au 27 novembre la date limite pour une réponse ukrainienne, tout en précisant que cette proposition ne constituait pas son offre définitive.
Les réactions européennes témoignent d’une vigilance accrue. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé le droit souverain de l’Ukraine à déterminer son avenir, tandis que plusieurs pays réunis lors du sommet du G20 à Johannesburg ont estimé que le plan nécessitait des améliorations substantielles. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a pour sa part évoqué des « défauts majeurs » nécessitant un travail complémentaire.
Du côté russe, le président Poutine a qualifié le texte américain de base potentielle pour un règlement durable du conflit. Cette ouverture coïncide avec une période de fragilité pour Kiev, confronté à des difficultés militaires sur le terrain et à des défis énergétiques après les récentes attaques contre ses infrastructures.
Les discussions se poursuivront cette semaine avec une réunion des dirigeants européens consacrée à la situation ukrainienne, suivie d’une visioconférence des pays soutenant Kiev. La question des garanties de sécurité et des mécanismes de dissuasion figure au cœur des préoccupations occidentales, beaucoup redoutant que sans protections suffisantes, le conflit ne connaisse de nouvelles résurgences.

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