Économie
Menace de fermeture pour les acteurs français de la vape en ligne

Le secteur du vapotage s’inquiète des conséquences économiques d’une interdiction programmée de la vente à distance, une mesure qui pourrait entraîner la disparition de milliers d’emplois selon les professionnels.
Les entreprises spécialisées dans la commercialisation de liquides pour cigarettes électroniques anticipent des difficultés majeures avec l’entrée en vigueur potentielle d’une interdiction de la vente en ligne dans le cadre du projet de budget 2026. Cette disposition, accompagnée d’une nouvelle taxation et d’un régime d’agrément inspiré des débitants de tabac, suscite l’inquiétude des acteurs du marché. Plusieurs enseignes estiment que leur survie économique serait compromise si cette mesure venait à être adoptée.
La société Le Petit Vapoteur, l’un des principaux opérateurs européens, indique que la vente à distance représente près des trois quarts de son chiffre d’affaires. Selon ses dirigeants, la suppression de ce canal commercial entraînerait la cessation d’activité et la suppression d’environ six cents postes. L’entreprise normande, qui a réalisé cent cinquante-quatre millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, craint également pour l’avenir de ses cent onze points de vente physiques et de son unité de production, tous dépendants selon elle de l’activité en ligne.
La Fédération interprofessionnelle de la vape avance que trois mille emplois directement liés au commerce électronique seraient menacés. Une pétition circulant parmi les consommateurs a déjà recueilli cent vingt mille signatures pour s’opposer à ce projet. Les professionnels considèrent que cette interdiction répond davantage à des impératifs de simplification fiscale qu’à des objectifs de santé publique, estimant que les autorités souhaitent reproduire le modèle de taxation appliqué aux produits du tabac.
Le ministère des Comptes publics conteste cette interprétation, soulignant que ces mesures s’inscrivent dans une logique de santé publique et d’alignement sur la réglementation du tabac. Le cabinet de la ministre de la Santé précise que l’objectif est de réduire l’exposition et l’accès aux produits de vapotage, particulièrement chez les jeunes, tout en renforçant la sécurité sanitaire et la traçabilité des produits.
Le dispositif prévoit parallèlement une taxation différenciée des flacons de dix millilitres, avec un prélèvement de trente centimes pour les produits contenant moins de quinze milligrammes par millilitre de nicotine, et de cinquante centimes au-delà. Cette taxation s’appliquerait également aux produits sans nicotine, ce que dénoncent certains acteurs du secteur.
Un amendement déposé par des députés Les Républicains, supprimant la taxe mais conservant l’interdiction de la vente en ligne, a été adopté en commission des Finances. Le texte initial sera examiné en séance plénière, où d’autres modifications pourraient être proposées, notamment concernant le maintien de la vente à distance.

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