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Médias français. La présidente de France Télévisions qualifie CNews d’« extrême droite »

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L’escalade verbale entre le service public et les groupes Bolloré atteint un niveau inédit. Delphine Ernotte Cunci accuse ces médias de mener une campagne de dénigrement, tandis que Pascal Praud dénonce une mise en danger des journalistes.

La guerre médiatique entre l’audiovisuel public et les holdings de Vincent Bolloré connaît une escalade sans précédent. Jeudi, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a pour la première fois ouvertement qualifié CNews de chaîne d’« extrême droite », une déclaration perçue comme une rupture majeure dans le paysage médiatique français.

Cette offensive verbale intervient dans le sillage de l’affaire Legrand-Cohen, du nom de deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion d’une vidéo les montrant en conversation privée avec des responsables politiques. Les médias du groupe Bolloré, dont CNews et Europe 1, ont largement relayé cette polémique, y voyant une preuve de partialité en faveur de la gauche.

En réponse, les dirigeants de France Télévisions et de Radio France ont décidé de contre-attaquer. Delphine Ernotte Cunci et Sibyle Veil ont adressé un courrier commun à l’Arcom, l’autorité de régulation, pour dénoncer une « campagne de dénigrement » orchestrée, selon elles, par les médias conservateurs. La présidente de France Télévisions a également appelé ces derniers à « assumer » leur ligne éditoriale, qu’elle estime clairement orientée.

Du côté de CNews, la réaction a été immédiate. Pascal Praud, figure emblématique de la chaîne, a vivement réagi en affirmant que de tels propos « mettaient une cible sur le dos » des journalistes de son équipe, les exposant selon lui à des risques sur le terrain. Il a qualifié la sortie de Mme Ernotte Cunci de « déclaration de guerre ».

L’Arcom a indiqué vouloir approfondir ses travaux sur l’impartialité du service public, notamment via une étude indépendante sur la perception du public et une analyse comparative des dispositifs existants en Europe. Le régulateur souhaite objectiver le débat, alors que les tensions médiatiques s’inscrivent dans un contexte politique déjà tendu à moins de deux ans de l’élection présidentielle.

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