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L’USS Abraham Lincoln rentre enfin, et sur les quais de San Diego les larmes ont coulé

Après presque un an loin des siens, le porte-avions américain a retrouvé son port californien. Des retrouvailles joyeuses, qui referment à peine des mois…

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L'USS Abraham Lincoln rentre enfin, et sur les quais de San Diego les larmes ont coulé

Après presque un an loin des siens, le porte-avions américain a retrouvé son port californien. Des retrouvailles joyeuses, qui referment à peine des mois très éprouvants pour l’équipage.

Des familles massées sur les quais, des pancartes, des cris, et des bras qui se referment enfin. Le porte-avions Abraham Lincoln est rentré jeudi à San Diego, et la scène avait des airs de fin d’attente interminable. Un marin rayonnant soulève son bébé et l’embrasse sur le front en répétant « Coucou ma petite fille, coucou ! ». Plus d’une centaine de jeunes pères ont découvert leur enfant pour la toute première fois. D’autres ont retrouvé des gamins qui ont pris une tête de plus pendant leur absence.

Le navire avait quitté sa base en novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale, avant d’être redirigé vers le Moyen-Orient juste avant que les États-Unis et Israël ne lancent la guerre contre l’Iran, le 28 février. Il est resté en mer jusqu’à une escale en Thaïlande, début septembre. Presque une année entière sans fouler le sol américain.

Ces longs mois ont laissé des marques. En août, des familles de militaires et plusieurs élus avaient tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de vie à bord, évoquant des tentatives de suicide et des pénuries de nourriture. Le mois dernier, l’administration Trump a fini par reconnaître par écrit huit tentatives de suicide parmi les membres du groupe aéronaval. Aucune n’a été mortelle. La lettre, signée par le secrétaire par intérim de la Marine Hung Cao en réponse aux questions de la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, raconte qu’un marin est passé par-dessus bord début août, avant d’être secouru rapidement et débarqué pour recevoir des soins. Un autre avait tenté de faire de même en mars. Il en a été empêché et a regagné son port d’attache.

Le courrier admet aussi que les difficultés de ravitaillement pendant les combats ont temporairement réduit le nombre de plats principaux servis aux milliers de membres d’équipage, qui sont passés de deux à un. « Je suis sûre que cela a dû être difficile, car il n’y avait pas d’exutoire », confie Patricia Harmon, ancienne militaire venue accueillir son fils. Elle ne s’apitoie pas pour autant. « Il est resté là-bas plus longtemps que prévu, mais c’est la vie à l’armée. » Puis elle raconte le texto reçu de lui, un seul mot. Terre.

Garder le contact, justement, relevait du parcours du combattant. Alba Solano, venue retrouver son compagnon avec leur fille, dit avoir eu l’essentiel des nouvelles par e-mail, avec quelques SMS échangés de temps en temps. Les appels téléphoniques, elle les décrit comme une vraie souffrance. Ils ne passaient jamais. Son conjoint l’entendait, mais elle n’entendait rien en retour.

Face à la polémique, le pouvoir a d’abord balayé le sujet. Donald Trump a nié que des soldats aient pu tenter de mettre fin à leurs jours à bord, et le ministre de la Défense Pete Hegseth a estimé que la situation avait été caricaturée. C’est la lettre d’août qui a acté les faits. La veille du débarquement, Hegseth s’est rendu sur le navire pour saluer l’équipage et vanter un bilan qui, selon lui, n’a pas d’équivalent, avec dix mille sorties, 23.000 heures de vol de combat et près de 4.000 sorties de combat. Il a remis au groupe aéronaval la plus haute distinction collective de l’armée américaine.

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