Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Le kérosène ne va pas manquer, mais la note s’annonce très salée

Les compagnies aériennes européennes se veulent rassurantes. Le carburant sera bien disponible cet hiver, mais son prix, dopé par une cascade de conflits…

Article

le

Le kérosène ne va pas manquer, mais la note s'annonce très salée

Les compagnies aériennes européennes se veulent rassurantes. Le carburant sera bien disponible cet hiver, mais son prix, dopé par une cascade de conflits, devrait rester très élevé pendant des mois, au point de faire basculer certains vols dans le rouge.

Pendant des semaines, la question a circulé dans les couloirs du secteur. Les avions européens risquaient-ils de se retrouver à sec ? Les signaux n’étaient franchement pas rassurants. Les pays du Golfe, poids lourds du pétrole et du kérosène, exportent mal leurs volumes à cause de la guerre au Moyen-Orient. Leurs installations pétrolières encaissent les frappes de l’Iran, lui-même ciblé par les États-Unis, et celles des Houthis du Yémen. À cela s’ajoutent les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, dans un pays qui résiste à une invasion.

À Bruxelles, le patron de Ryanair a balayé l’hypothèse d’une pénurie. Devant la presse de l’association professionnelle des compagnies européennes, il a affirmé ne pas douter de la disponibilité du carburant d’aviation sur le Vieux Continent cet hiver, ni même jusqu’à l’été suivant, sauf événement imprévu. Même son de cloche à Paris, où le président de la Fnam, également à la tête de Corsair, s’est félicité d’une situation saine du côté de la sécurité des approvisionnements.

Sur les prix, la tonalité change du tout au tout. Le carburant d’aviation coûtait historiquement entre 10 et 15 % de plus que le baril de Brent. L’écart grimpe aujourd’hui à 50 %. Le dirigeant irlandais ne voit pas la tendance s’inverser avant douze à dix-huit mois. Il pointe les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, les offensives des Houthis et de l’Iran contre les capacités du Moyen-Orient, sans oublier le manque de navires et de sites de raffinage.

À Paris, le constat est tout aussi sombre. Avec un pétrole à ce niveau, une partie des vols bascule en « rouge vif », c’est-à-dire qu’ils deviennent franchement déficitaires. Le responsable évoque une dégradation profonde depuis l’intervention militaire en Iran et une situation très grave, plombée par la hausse du kérosène comme par des taxes qui n’arrêtent pas de grimper.

L’année qui s’annonçait bonne pour le transport aérien s’est donc transformée en casse-tête. La mise sur le marché de réserves stratégiques de produits pétroliers, décidée par le G7, n’a fait reculer le prix du kérosène que de quelques points, avant une nouvelle poussée liée à l’escalade entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Face à cela, les directions d’Air France-KLM, d’EasyJet, d’IAG, de Lufthansa et de Ryanair portent la même demande auprès de l’Union européenne et de ses États membres, alléger la fiscalité et les contraintes réglementaires.

Reste une curiosité qui en dit long. Les carburants dits durables, fabriqués à partir d’autres matières que le pétrole, suivent exactement la même courbe et grimpent eux aussi, alors qu’ils ne viennent ni de la même ressource ni de la même région du monde.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus