Société
Le virus du Nil occidental s’installe en France et fait cinq morts
Cent soixante et un cas autochtones ont été recensés dans l’Hexagone cette année, dont soixante formes neurologiques et cinq décès. Le moustique porteur…


Cent soixante et un cas autochtones ont été recensés dans l’Hexagone cette année, dont soixante formes neurologiques et cinq décès. Le moustique porteur du virus ne se cantonne plus au pourtour méditerranéen.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Depuis le début de la saison, 161 personnes ont été infectées par le virus du Nil occidental en France hexagonale, sans avoir voyagé dans une zone où la maladie circule. Parmi elles, 133 ont déclaré des symptômes et 60 ont développé des formes neurologiques, ces atteintes qui peuvent laisser de lourdes séquelles. Cinq de ces patients sont morts, décrit le dernier point de situation arrêté au 5 octobre.
Les personnes décédées sont, pour l’essentiel, âgées et souvent déjà fragilisées par d’autres pathologies. L’agence sanitaire appelle toutefois à la prudence avant de relier directement ces décès à l’infection. Établir ce lien suppose une évaluation médicale au cas par cas, menée par les équipes qui ont suivi les patients, et cet examen prend du temps. La semaine précédente, un bilan régional faisait état de trois morts en Île-de-France, des patients de 49, 73 et 88 ans touchés par des formes neuroinvasives. Deux autres décès sont venus s’y ajouter depuis, dans deux régions distinctes.
Pour mesurer le basculement, un retour en arrière suffit. En 2025, le virus avait provoqué cinq décès en France, mais sur seulement 62 infections signalées entre début mai et fin novembre. Le nombre de malades a donc bondi d’une année sur l’autre, même si le nombre de morts reste identique. Ce virus, longtemps concentré autour de l’arc méditerranéen, poursuit sa progression sur le territoire. Sept régions ont été touchées cette année, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire. Treize départements ont enregistré leurs tout premiers cas.
La mécanique de la transmission est bien connue. Des moustiques du genre Culex piquent un oiseau porteur du virus, puis transmettent l’infection à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Dans la grande majorité des cas, la contamination passe inaperçue ou ressemble à un simple état grippal. Seule une petite proportion, environ 1 %, débouche sur des complications neurologiques graves, parfois mortelles, en particulier chez les personnes âgées ou dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Aucun vaccin n’est aujourd’hui commercialisé pour l’être humain, et il n’existe pas non plus de traitement préventif.
L’épisode dépasse largement les frontières françaises. De l’ouverture de la saison des moustiques à la fin septembre, près de 1 800 cas humains autochtones ont été détectés dans seize pays européens. L’Italie arrive en tête avec 721 infections, loin devant la Grèce et ses 420 cas, l’Espagne avec 131 et la France avec 128. Une année record pour le continent, et sans doute pas la dernière.
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