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Les lycéens ne lâchent rien, l’exécutif tente d’ouvrir une porte

Parti de la région parisienne à la mi-septembre, le mouvement lycéen s’est étendu à tout le pays et ne faiblit pas. Ce jeudi, les organisations lycéennes…

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Les lycéens ne lâchent rien, l'exécutif tente d'ouvrir une porte

Parti de la région parisienne à la mi-septembre, le mouvement lycéen s’est étendu à tout le pays et ne faiblit pas. Ce jeudi, les organisations lycéennes et étudiantes sont attendues au ministère pour réclamer du concret, quand le gouvernement promet un plan d’urgence.

Le mouvement est né en région parisienne à la mi-septembre, puis il a gagné l’ensemble du territoire. Face à cette lame de fond, le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole depuis Matignon la veille au soir. Il a assuré que les forces de l’ordre « n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens », avant de reconnaître que « la colère des jeunes ne vient pas de nulle part » et que personne ne peut rester insensible aux inquiétudes qu’ils expriment. Il promet aussi que les premières décisions du gouvernement seront dévoilées à la fin du mois d’octobre, que le dialogue se poursuivra dans chaque lycée dès ce jeudi et jusqu’à la semaine prochaine, et que la plateforme ouverte par le ministère de l’Éducation a déjà réuni plus de 40 000 contributions.

La mobilisation, elle, ne s’arrête pas. Les trois principales organisations lycéennes, l’Union syndicale lycéenne, Renouveau Lycéen et Lycéens!, doivent être reçues dans l’après-midi par le ministre de l’Éducation nationale et son homologue de l’Enseignement supérieur. Elles réclamaient une entrevue avec le Premier ministre et dénoncent toujours l’absence de mesures concrètes, malgré les appels au calme du gouvernement. Des rassemblements sont organisés dans la capitale, notamment devant l’université d’Assas, ainsi que dans plusieurs grandes villes, à Marseille, Caen ou Rennes.

Dans les établissements, la situation reste contrastée. Les cours ont été totalement ou partiellement suspendus dans 375 lycées le matin, sur les 3 700 que compte le pays. À la mi-journée, environ 96 % des établissements étaient ouverts et 157 lycées demeuraient fermés. Sur le remplacement des professeurs absents, l’une des préoccupations les plus citées par les jeunes mobilisés, le ministre de l’Éducation a annoncé un « plan d’urgence » qu’il détaillera « d’ici quelques heures ou quelques jours », après avoir rencontré des élèves d’un lycée professionnel à Reims.

La question sécuritaire, elle, continue de chauffeur le débat. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a maintenu que la police ne disposait « pas d’un armement disproportionné » face au mouvement lycéen et que les jeunes n’étaient « pas en danger ». Selon elle, les policiers confrontés à un blocage « font la part des choses » et agissent avec proportionnalité et discernement. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu la même ligne devant les députés de la commission des Lois, sans concéder la moindre erreur stratégique et en jugeant « excessif de parler de répression policière ». Dans le même temps, une enquête a été ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et avec arme ». Un adolescent de 17 ans a été blessé à la tête, apparemment par un coup de matraque, lors d’un rassemblement devant un lycée marseillais. Les images montrant un policier frapper le jeune homme ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias, et le dossier a été confié à l’inspection générale de la police nationale.

Dernier rebondissement, le préfet de police de Paris Patrice Faure a démenti avoir tenu les propos sur la répression du mouvement lycéen qui ont été incrustés dans des vidéos diffusées sur TikTok, où il est présenté comme menaçant « d’encore plus d’amputations ». Il qualifie cette « manipulation » d’inacceptable et prévient que ceux qui fabriquent ces contenus comme ceux qui les diffusent devront en répondre, annonçant avoir saisi la justice et engagé les poursuites nécessaires.

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