Société
Les lycées rouvrent, mais la colère ne retombe pas
Le gouvernement assure que la quasi-totalité des établissements ont repris leurs activités, alors que plusieurs centaines restent perturbés et que les…


Le gouvernement assure que la quasi-totalité des établissements ont repris leurs activités, alors que plusieurs centaines restent perturbés et que les appels à manifester se multiplient. Face à des jeunes qui réclament des réponses concrètes, l’exécutif renvoie les premières décisions à la fin octobre.
La très grande majorité des établissements scolaires ont rouvert, mais la mobilisation n’a pas dit son dernier mot. D’après les chiffres du ministère de l’Education, 94% des établissements sont ouverts, totalement ou en partie. Il reste malgré tout 375 établissements où les cours sont suspendus, entièrement ou partiellement, sur les 3 700 que compte le pays. Concrètement, 224 étaient fermés et 151 ne rouvraient que partiellement.
La veille au soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de calmer le jeu en s’adressant directement aux lycéens depuis Matignon. Un geste qui n’a débouché sur aucune annonce concrète, les premières décisions étant renvoyées à la fin octobre. « Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment », a-t-il tout de même déclaré. Devant le lycée Victor et Hélène Basch, au nord de Rennes, une soixantaine d’élèves s’étaient rassemblés de bonne heure. Hanaa, 18 ans, en terminale, se dit « déçue et pas convaincue ». À ses côtés, Salyna, 17 ans, insiste sur l’urgence de la situation et regrette qu’aucune mesure ne tombe avant la fin octobre.
Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, a salué « l’espoir et les attentes » exprimés par les jeunes lors d’un déplacement à Reims, avant de convier les trois principales associations lycéennes au ministère, aux côtés du ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Lycéens et étudiants, soutenus par plusieurs syndicats de l’Education, prévoient des rassemblements dans plusieurs grandes villes. Mardi, ils étaient entre 266 000 et 450 000 à défiler dans toute la France, sans incidents majeurs.
L’Union étudiante a appelé à bloquer les lycées et les campus, puis à rejoindre les rassemblements devant les préfectures d’Ile-de-France pour protester contre « les violences policières ». Le ministre de l’Intérieur avait annoncé la suspension des grenades assourdissantes après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Depuis le début du mouvement, 18 enquêtes de la « police des polices » ont été ouvertes, et le bilan humain s’élève à 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.
Côté revendications, la porte-parole d’un syndicat étudiant, Sabrine Kharbach, a appelé à rejoindre la place de la Bastille, son organisation réclamant 10 milliards d’euros. Dans le centre de Paris, devant l’université d’Assas, plusieurs centaines de personnes bloquaient l’entrée avec des poubelles, accompagnées d’une fanfare. « Les barricades ferment la rue mais ouvrent la voie », pouvait-on lire sur une pancarte. Non loin de là, l’Institut catholique de Paris était lui aussi bloqué, un fait rare.
Les jeunes demandent 250 000 places supplémentaires à l’université, une rénovation des bâtiments et la fin de la sélection par Parcoursup. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, exiger la suppression de cette plateforme relève « d’une immense démagogie ». « Si on est toujours là, c’est parce qu’on veut se battre pour les générations futures », témoigne Gabrielle, en Première à Lyon, où 27 établissements sont touchés et où un rassemblement a réuni sous la pluie entre 1 000 et 1 500 personnes.
Depuis mardi, l’exécutif multiplie les signes d’apaisement. Les élèves sont invités à s’exprimer dans leurs établissements et sur une plateforme en ligne, qui a déjà recueilli quelque 30 000 contributions depuis son ouverture. Des heures dites « banalisées », sans cours, doivent aussi permettre de faire remonter les difficultés. Mais le principal syndicat de proviseurs refuse de les organiser tant que « le climat n’est pas serein ».
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