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L’ultime combat pour la réhabilitation de Mis et Thiennot

Quatre-vingts ans après un meurtre dans la campagne de l’Indre, la Cour de révision doit décider si deux hommes condamnés à tort peuvent enfin être…

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L'ultime combat pour la réhabilitation de Mis et Thiennot

Quatre-vingts ans après un meurtre dans la campagne de l’Indre, la Cour de révision doit décider si deux hommes condamnés à tort peuvent enfin être innocentés. Leurs proches espèrent une réhabilitation, malgré l’opposition de la partie civile.

Le 31 décembre 1946, le corps d’un garde-chasse criblé de plombs est retrouvé dans un étang à Saint-Michel-en-Brenne. L’enquête se focalise rapidement sur un conflit avec des chasseurs. Raymond Mis et Gabriel Thiennot sont arrêtés. Ils passent aux aveux devant les policiers, puis reviennent sur leurs déclarations quelques jours plus tard. Malgré cela, la cour d’assises de Gironde les condamne en 1950 à quinze ans de travaux forcés. Depuis, leurs familles clament leur innocence et multiplient les recours.

Il aura fallu sept requêtes depuis 1952 et un amendement dans une loi de 2021 pour que le dossier arrive jusqu’à la Cour de révision. Ce texte a élargi les possibilités de saisine pour les condamnations prononcées à la suite d’aveux obtenus sous la torture. Les avocats des héritiers estiment que la procédure d’origine a piétiné les droits fondamentaux. À l’audience du 11 juin, le fils de Gabriel Thiennot a dénoncé des méthodes dignes de la Gestapo. Mais l’avocat général a appelé la Cour à résister à la pression de l’opinion publique et à la croyance populaire.

Si la Cour annule la condamnation, Mis et Thiennot seront présumés innocents et réhabilités. Un nouveau procès est impossible car les deux hommes sont morts, en 2003 et 2009. La fille du garde-chasse, âgée de 5 ans au moment du drame, craint alors que le meurtre de son père reste une énigme sans coupable. Les révisions de condamnations criminelles restent très rares en France, une douzaine depuis 1945. La décision, attendue ce jeudi à 11 heures, mettra fin à une longue bataille judiciaire qui dépasse le simple fait divers.

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