Monde
L’État libanais s’attaque au dossier sensible du désarmement du Hezbollah

Le gouvernement examine ce vendredi un plan militaire visant à mettre fin au monopole des armes du mouvement chiite, une initiative vivement contestée par ce dernier.
Les autorités libanaises se penchent sur une proposition de l’armée destinée à encadrer le processus de désarmement du Hezbollah. Cette démarche intervient dans un contexte de fortes tensions régionales et de pressions internationales, notamment de la part des États-Unis. Le mouvement pro-iranien rejette catégoriquement cette initiative, qu’il perçoit comme une soumission aux volontés israéliennes et américaines.
Le plan, dont les détails opérationnels n’ont pas été rendus publics, a été commandé en août dernier par le Premier ministre Nawaf Salam. Il s’inscrit dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu fin novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, lui-même fondé sur une résolution des Nations unies. Celle-ci réserve le port d’armes aux seules forces régulières libanaises et prévoit le déploiement exclusif de l’armée nationale et des Casques bleus dans le sud du pays.
Le Hezbollah, affaibli après plus d’un an de conflit avec Israël, reste ferme sur sa position. Son dirigeant, Naïm Qassem, a qualifié le plan gouvernemental de « péché » commis sous influence étrangère. Le mouvement conditionne toute discussion sur son arsenal à un retrait complet des troupes israéliennes du sud Liban, à l’arrêt des frappes aériennes, ainsi qu’à la libération de détenus et au lancement de programmes de reconstruction.
La réunion gouvernementale de ce vendredi, présidée par le commandant en chef des armées, pourrait déboucher sur un vote. Les ministres chiites, issus du Hezbollah et du mouvement Amal, devraient y participer après s’être retirés symboliquement lors de la précédente séance. Les observateurs redoutent que l’adoption du plan ne provoque une crise politique majeure, pouvant aller jusqu’à la démission des représentants chiites ou à des mobilisations populaires.
Malgré le cessez-le-feu, la situation sécuritaire reste volatile dans le sud Liban. L’armée israélienne maintient des positions qu’elle juge stratégiques et continue ses opérations ciblées, récemment intensifiées, causant plusieurs victimes. Beyrouth dénonce ces violations tout en réaffirmant la nécessité d’un désarmement complet des factions non étatiques, condition selon elle de la stabilité et de la souveraineté nationale.

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