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L’escalade des tensions entre Washington et Téhéran dans le détroit d’Ormuz menace la trêve fragile

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Les récents affrontements entre les forces américaines et iraniennes dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz, couplés à des tirs iraniens en direction des Émirats arabes unis, mettent à rude épreuve le cessez-le-feu instauré depuis le 8 avril.

Cette recrudescence des hostilités intervient après l’annonce par Washington d’une opération militaire destinée à rétablir la libre circulation des navires dans ce passage maritime vital, actuellement bloqué par Téhéran. Le président américain a prévenu que toute attaque contre des bâtiments américains dans cette zone entraînerait une riposte d’une extrême violence, promettant d’anéantir les forces iraniennes.

Depuis le début du conflit le 28 février, qui oppose les États-Unis et Israël à la République islamique et a causé des milliers de victimes principalement en Iran et au Liban, Téhéran contrôle ce détroit par lequel transite habituellement un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Quelque 20 000 marins se retrouvent immobilisés dans la zone, selon une source britannique spécialisée dans la sécurité maritime.

Les attaques contre des installations civiles dans le Golfe, les premières depuis plus d’un mois, ont ravivé les inquiétudes des marchés financiers. Le site pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares accessibles sans traverser le détroit, a été visé par des tirs ayant provoqué un incendie et blessé modérément trois ressortissants indiens. Les autorités émiraties ont également signalé une attaque de missiles de croisière en provenance d’Iran, dont trois ont été interceptés tandis qu’un quatrième est tombé en mer. Un pétrolier de la compagnie nationale Adnoc a également été ciblé. Abou Dhabi a dénoncé une escalade dangereuse et s’est réservé le droit de riposter.

La télévision d’État iranienne a affirmé que la République islamique n’avait pas l’intention de viser les Émirats, imputant ces incidents à l’aventurisme militaire américain. La présidente de la Commission européenne a condamné une violation manifeste de la souveraineté et du droit international, exprimant sa solidarité avec les Émirats arabes unis. À Oman, deux personnes ont été blessées dans l’attaque d’un immeuble situé près du détroit.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a estimé que les événements à Ormuz démontraient l’absence de solution militaire à une crise politique. Il a exhorté Washington à privilégier la médiation pakistanaise, les mettant en garde contre le risque de s’enliser dans un conflit prolongé. Les divergences entre les deux pays restent profondes, et les tentatives de relance des négociations ont jusqu’à présent échoué, malgré une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril.

L’Iran, qui a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit, avait prévenu que toute intervention américaine dans la zone serait accueillie par des tirs. Le président américain s’est néanmoins félicité du succès de son opération, affirmant que deux navires marchands battant pavillon américain avaient franchi le goulet. Le commandement américain pour la région a déclaré avoir détruit six embarcations iraniennes et intercepté des missiles et drones lancés contre des bâtiments militaires et commerciaux. Téhéran a démenti ces affirmations.

Séoul a signalé une explosion suivie d’un incendie sur un navire sud-coréen dans le détroit. Dans ce climat d’incertitude, le baril de Brent a bondi de 5,8 % pour clôturer à 114,44 dollars. Les analystes d’Eurasia Group estiment qu’un arrêt prolongé de la navigation dans ce passage stratégique ne fera qu’accentuer la hausse des cours.

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