Culture
Les grands chefs s’élèvent contre une loi controversée sur les pesticides

Une pétition réunissant près de deux millions de signatures et une tribune signée par des centaines de professionnels de la gastronomie marquent une mobilisation inédite contre un texte jugé néfaste pour l’agriculture et la santé publique.
La communauté culinaire française, traditionnellement discrète sur les questions politiques, se trouve aujourd’hui en première ligne d’un débat qui dépasse largement les fourneaux. À l’origine de cette prise de parole collective, une photographie partagée sur les réseaux sociaux par Jacques Marcon, chef triplement étoilé. L’image d’un pré verdoyant du Mont Mézenc accompagnée d’un message sans équivoque à l’adresse du sénateur Laurent Duplomb a servi d’étincelle à un mouvement de protestation d’ampleur.
Le texte législatif en question autoriserait à titre exceptionnel l’utilisation d’un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, pourtant interdit sur le territoire national. Cette mesure, perçue comme un recul environnemental par ses détracteurs, a provoqué une levée de boucliers chez les artisans de la gastronomie française. Glenn Viel, autre figure étoilée du paysage culinaire, souligne l’incohérence d’une politique qui investit massivement dans certains secteurs tout en négligeant, selon lui, la transition agricole.
La publication d’une tribune dans les colonnes du Monde vient cristalliser cette opposition. Portée par la plateforme Ecotable, spécialisée dans l’accompagnement des restaurants vers des pratiques plus durables, la pétition « Nourrir, pas empoisonner » rassemble près de quatre cents signatures. Étoilés, gérants de cantines scolaires et collectifs de restaurateurs-paysans y expriment leur refus de servir des produits issus de méthodes qu’ils jugent incompatibles avec leur éthique professionnelle.
Ce mouvement révèle une évolution notable dans les mentalités d’une profession longtemps réticente à s’engager publiquement. Fanny Giansetto, à l’origine de l’initiative, observe que les chefs, bien que peu enclins aux prises de position médiatiques, se sentent directement concernés par les enjeux alimentaires. Une analyse partagée par Marie-Victorine Manoa, jeune cheffe engagée, pour qui cette loi représente un véritable coup d’arrêt porté aux efforts en faveur d’une cuisine responsable.
Au-delà de la simple contestation, certains professionnels appellent à une réflexion plus profonde sur les pratiques du secteur. Jacques Marcon invite ainsi ses pairs à soutenir concrètement les agriculteurs en transition, tout en pointant certaines contradictions, comme l’abandon progressif de races bovines locales au profit d’importations étrangères. Cette mobilisation, bien que récente, témoigne d’une prise de conscience croissante des responsabilités environnementales et sanitaires qui incombent désormais aux acteurs de la gastronomie.

SociétéEn Ligne 5 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 5 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
SociétéEn Ligne 6 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 6 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 6 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 6 joursCouvre-feux prolongés, Lecornu consulte les syndicats sans convier les lycéens
PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ l’Assemblée, Nuñez défend ses services et renvoie les Insoumis à leurs responsabilités
















