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L’écrivain Abel Quentin en appelle à la défense de l’humanité face à l’IA


Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle générative, l’écrivain Abel Quentin publie un ouvrage engagé qui fustige la résignation ambiante et prône la préservation d’espaces exempts de toute intervention algorithmique.
Dans son dernier essai intitulé « Sanctuaires », paru aux Éditions de l’Observatoire, Abel Quentin assume un ton volontairement vif. « C’est un livre énervé », prévient-il. L’auteur, qui n’est pas un spécialiste de la technologie mais un romancier, estime que cette distance constitue même un atout. Selon lui, les enjeux politiques, sociaux et éthiques liés à l’intelligence artificielle concernent l’ensemble des citoyens et ne sauraient être réservés à un cercle d’experts.
Après avoir exploré l’urgence climatique dans son roman « Cabane » paru en 2024, Abel Quentin s’attaque désormais à ce qu’il perçoit comme une nouvelle menace silencieuse. Il rejoint ainsi une inquiétude croissante parmi les intellectuels, alors que l’IA générative s’est imposée dans le quotidien du grand public depuis l’avènement de ChatGPT en 2022. Plus de vingt mille artistes, écrivains, journalistes et éditeurs ont d’ailleurs signé une tribune appelant les députés à légiférer sur l’utilisation des œuvres par ces systèmes.
Bruno Patino, président d’Arte et auteur de « Le temps de l’obsolescence humaine », s’interroge également sur la place de l’être humain à l’ère des machines intelligentes. Dans un ouvrage qui rencontre un large succès depuis sa parution fin mars, il examine comment ces technologies modifient en profondeur les vies collectives et individuelles. Avant lui, le philosophe Eric Sadin avait livré une critique acerbe de l’ambition démesurée des géants de la tech dans « Le désert de nous-mêmes », paru fin 2025.
Abel Quentin estime que l’humanité se trouve à un carrefour décisif. Il considère que l’IA générative n’expose pas à un danger physique immédiat, mais agit comme un poison lent, un tueur silencieux qui suscite une dangereuse accoutumance. Il appelle à tirer les leçons de l’histoire récente des réseaux sociaux, dont la régulation n’a véritablement commencé que quinze ans après leur essor. « Allons-nous sacrifier une génération avant d’agir ? », interroge-t-il.
Bruno Patino partage cette analyse et voit se rejouer le même scénario que lors de l’introduction des smartphones et des réseaux sociaux : une adoption enthousiaste suivie d’un malaise grandissant, jusqu’à un réveil brutal survenant trop tard.
Pour faire face à cette dérive, Abel Quentin a choisi la voie du boycott de l’IA générative. Il estime impossible de dissocier les bénéfices individuels qu’elle procure des conséquences collectives qu’elle engendre. Plutôt que de croire à une révolte populaire contre la dictature de l’algorithme, il propose de créer des espaces sanctuarisés, où les œuvres littéraires, cinématographiques ou autres porteraient un label garantissant leur origine cent pour cent humaine.
« Nous ne devons pas avoir honte d’être humain », affirme-t-il, en dénonçant le pseudo-optimisme des technolâtres qui, selon lui, dissimule un mépris pour l’être humain, jugé trop lent et trop peu performant face à la machine.





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