Monde
Un carnaval fauché par la vitesse : le conducteur jugé pour sept meurtres en Belgique
Le procès d’un automobiliste de 38 ans, accusé d’avoir percuté mortellement une foule de carnavaliers en 2022, s’est ouvert lundi devant une cour d’assises belge. Il encourt trente ans de réclusion pour avoir roulé à 174 km/h dans une zone limitée à 50.
Le 20 mars 2022, aux alentours de cinq heures du matin, une voiture a traversé à très haute vitesse un groupe d’une centaine de personnes rassemblées pour les préparatifs du carnaval de Strépy-Bracquegnies, dans la commune de La Louvière. Ce défilé, réputé pour ses costumes traditionnels de Gilles, a été le théâtre d’un chacun des plus violents accidents de la route qu’ait connu le pays. Six personnes ont trouvé la mort sur le coup, et une septième a succombé à ses blessures en 2024. Une quarantaine d’autres ont été blessées, certaines gravement.
Le conducteur, Paolo Falzone, s’est présenté à l’audience vêtu d’un pantalon et d’un blouson noirs, le regard baissé. Il comparaît pour sept meurtres, une qualification exceptionnelle pour un accident de la route qui justifie la tenue du procès devant une cour d’assises. Son passager, Antonino Falzone, est quant à lui poursuivi pour non-assistance à personne en danger. L’enquête a établi que la BMW du prévenu, dotée d’un moteur modifié, roulait à 174 kilomètres par heure une minute avant l’impact, dans une zone urbaine pourtant limitée à 50.
Le drame s’est produit au moment du ramassage des Gilles, une étape rituelle avant le départ du cortège. Paolo Falzone rentrait d’une boîte de nuit avec un ami à ses côtés. Selon les éléments de l’instruction, il se filmait au volant pour publier une story sur les réseaux sociaux et ne regardait pas la route. Après le choc, il a parcouru plus d’un kilomètre avant de s’arrêter. Des témoins ont rapporté avoir vu la voiture réaccélérer pour passer sur le corps d’un carnavalier tombé sur le capot. Deux autres personnes avaient traversé le pare-brise sous la violence de l’impact.
La défense de Paolo Falzone, assurée par Me Frank Discepoli, conteste la qualification de meurtres. L’avocat reconnaît une conduite totalement irresponsable mais affirme que son client n’a jamais eu l’intention de tuer. Les parties civiles, elles, insistent sur le caractère intentionnel des actes. Me Jean-Philippe Mayence, qui représente une centaine de victimes, estime qu’il est inaudible de prétendre à l’involontaire après avoir roulé sur plusieurs personnes sans s’arrêter.
Parmi les proches des victimes, Lorena Cascarano, une étudiante de 27 ans, a perdu ses deux parents et son oncle maternel dans l’accident. Elle confie son incompréhension et son désarroi, quatre ans après les faits, et espère obtenir des explications plutôt que des excuses. Le procès, qui doit s’étendre sur six à huit semaines, se déroule dans un hall d’expositions pour accueillir les près de deux cents parties civiles. La première audience est consacrée à la lecture de l’acte d’accusation et à l’interrogatoire des deux accusés.
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