Économie
Le Venezuela libéralise son secteur minier pour attirer les capitaux étrangers

_**Le Parlement a adopté une loi ouvrant l’exploitation des ressources minières aux investisseurs privés, une réforme stratégique qui intervient dans un contexte de forte criminalisation de cette activité.**_
L’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé à l’unanimité une législation permettant la participation d’entreprises privées, y compris étrangères, dans l’extraction des minerais. Cette décision fait suite à la récente modification du cadre juridique régissant le secteur pétrolier. Le pays, qui possède les plus importantes réserves de brut au monde, dispose également de gisements substantiels d’or, de diamants, de bauxite et de coltan.
L’adoption de ce texte était anticipée, notamment après la visite officielle en mars du ministre américain de l’Intérieur, Doug Burgum. Ce dernier, également à la tête du Conseil national pour la domination énergétique des États-Unis, avait alors exprimé l’intérêt des compagnies minières américaines pour opérer au Venezuela. La réforme s’inscrit dans une série de mesures économiques prises par l’exécutif intérimaire, qui avait précédemment assoupli la loi sur les hydrocarbures pour sécuriser les investissements privés.
Cependant, cette ouverture se heurte à une réalité complexe sur le terrain. L’activité extractive est principalement concentrée dans une vaste région surnommée l’Arc minier. Selon de nombreux observateurs, des bandes armées, parfois en coordination avec des guérillas colombiennes, y contrôlent d’importantes portions du territoire, bénéficiant souvent de complicités au sein des forces de sécurité. La suspension des concessions décrétée en 2011 aurait créé un vide propice à l’établissement de cette gouvernance parallèle.
Une enquêtrice spécialisée décrit un système où ces groupes, se présentant parfois comme des syndicats, prélèvent des commissions sur la production minière et imposent des taxes à tous les commerces locaux. Leur emprise s’étendrait jusqu’au processus politique, avec des pressions exercées sur les électeurs. Un consortium d’organisations non gouvernementales alerte sur les risques de blanchiment, de dégradation environnementale et de violations des droits humains liés à ces circuits opaques.
La question centrale demeure la capacité des nouvelles dispositions légales à imposer un cadre réglementaire transparent et à reprendre le contrôle effectif de zones longtemps abandonnées à des acteurs criminels. Les défis sont de taille pour transformer une économie de prédation en une industrie structurée et légale.

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