Culture
Le Soudan dévasté par le pillage systématique de son patrimoine archéologique
Alors que le conflit armé se poursuit, les musées et sites historiques subissent des spoliations massives et organisées, emportant des milliers d’œuvres d’art et pièces antiques d’une valeur inestimable.
Le Musée national de Khartoum, autrefois joyau culturel du pays, n’est plus que l’ombre de lui-même. Seules les statues monumentales, trop lourdes pour être déplacées, demeurent sur place, entourées de débris de verre et de sculptures brisées. La toiture porte encore les impacts d’obus, témoins des violents combats qui ont opposé l’armée régulière aux forces paramilitaires.
Selon les experts, plus de cinq cent mille pièces archéologiques couvrant plusieurs millénaires d’histoire ont été dérobées ou détruites. Parmi elles figuraient des collections uniques issues du royaume de Kouch, célèbre pour ses pharaons noirs et son artisanat raffiné. Une salle entière, surnommée la « chambre d’or » en raison de ses artefacts en or pur vieux de plusieurs millénaires, a été intégralement vidée.
Les autorités culturelles soudanaises affirment que ces biens ont été convoyés par camions vers l’ouest du pays, en particulier au Darfour, région largement contrôlée par les groupes armés. Des négociations seraient en cours avec certains intermédiaires proposant de restituer des antiquités contre compensation financière.
Plusieurs musées régionaux ont également été touchés, notamment ceux de Nyala et d’el-Facher, utilisés comme bases militaires ou directement impactés par les affrontements. Les pertes financières sont estimées à plusieurs dizaines de millions d’euros, sans compter la disparition irremplaçable de témoignages historiques majeurs.
Des efforts internationaux sont déployés pour tenter de localiser et récupérer les œuvres volées. Interpol et l’Unesco apportent leur concours aux autorités soudanaises pour surveiller les circuits de revente illicite. À ce jour, cependant, aucune pièce majeure n’a refait surface sur le marché de l’art, qu’il soit licite ou clandestin.
La communauté scientifique déplore une perte culturelle considérable, accentuée par l’impossibilité d’évaluer précisément l’étendue des dégâts dans les zones encore inaccessible.
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