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Le robinet reste sec quand le thermomètre explose : 42°C en Hongrie, des villages privés d’eau courante

En pleine canicule historique, des milliers de Hongrois n’ont plus accès à l’eau potable chez eux. Le vieux réseau, asphyxié par la demande, a lâché.…

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Le robinet reste sec quand le thermomètre explose : 42°C en Hongrie, des villages privés d'eau courante

En pleine canicule historique, des milliers de Hongrois n’ont plus accès à l’eau potable chez eux. Le vieux réseau, asphyxié par la demande, a lâché. Reportage dans un village aux portes de Budapest, où chaque goutte se mérite.

À Szada, petite commune de 6 600 habitants située à 25 kilomètres de Budapest, la vie s’est organisée autour d’un point d’eau de fortune. Andras, 23 ans, étudiant, vient remplir bouteilles et bidons trois fois par jour sous une chaleur écrasante de 41 degrés. Il ne cherche pas seulement à boire. Il faut aussi abreuver son chien, son chat et sa dizaine de poules. Comme la majorité des habitants, sa maison n’a plus d’eau courante depuis près de deux jours. Lundi matin, le robinet s’est tari. Et le retour à la normale n’est pas attendu avant mercredi, selon le député local Endre Marton Laszlo, qui appelle chacun à utiliser l’eau avec parcimonie.

La Hongrie vit une vague de chaleur inédite. Mardi, un nouveau record national a été battu avec 42 degrés enregistrés à Szecseny, dans le nord, effaçant le précédent record de 2007. Cette température extrême a mis à genoux un réseau d’eau vieillissant, incapable de répondre à la demande soudaine. Szada n’est pas un cas isolé. Des dizaines de localités de l’aire métropolitaine de Budapest, notamment celles situées près du Danube dont le niveau est anormalement bas, ont imposé des restrictions. Le Premier ministre Peter Magyar a lui-même demandé aux Hongrois de modérer leur consommation, de ne plus laver les voitures ou arroser les jardins, sous peine de voir le réseau s’effondrer complètement.

Dans ce village, des camions-citernes ont été installés, et l’armée a distribué des milliers de sachets d’eau d’un demi-litre aux personnes vulnérables. Mais la colère monte. Claudio, économiste de 53 ans, confie son exaspération de ne pouvoir ni se laver, ni aller aux toilettes normalement. Edina, 25 ans, employée de bureau, s’est rendue dans des douches temporaires installées sur un terrain de sport. Elle s’étonne presque de pouvoir enfin se rafraîchir après avoir transpiré plus d’une journée dans une chambre qu’elle n’a pas réussi à refroidir en dessous de 27 degrés, climatisation comprise. Un couple qui vit habituellement en Norvège, venu rendre visite à sa famille, peine à comprendre pourquoi les autorités n’ont pas anticipé la coupure. Pour le maire Lajos Pinter, c’est du jamais vu. Ici, les brèves interruptions d’eau touchent d’ordinaire une ou deux rues en hauteur. Jamais une demi-journée entière. Aujourd’hui, 75% des foyers de Szada sont à sec. Et tout le monde retient son souffle en attendant le retour de l’eau.

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