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Le procès pour meurtre du conducteur qui a mortellement percuté un cycliste à Paris


Un automobiliste sera jugé devant la cour d’assises de Paris pour avoir volontairement écrasé un militant cycliste en 2024, un drame qui avait profondément marqué l’opinion publique.
L’affaire avait suscité une vive émotion dans la communauté cycliste et au-delà. Près d’un an et demi après les faits, une juge d’instruction a ordonné la tenue d’un procès pour meurtre à l’encontre d’Ariel M., le conducteur d’un SUV accusé d’avoir délibérément percuté Paul Varry, un jeune homme de 27 ans, sur le boulevard Malesherbes, dans le 8e arrondissement de la capitale. L’ordonnance, dont l’Agence France-Presse a eu connaissance, estime que l’automobiliste a agi avec une intention mortelle, malgré ses dénégations. La magistrate a conclu qu’il avait « volontairement roulé sur le corps » de la victime, l’écrasant sous son véhicule de 2,3 tonnes, après une altercation brève mais violente.
Les circonstances du drame sont glaçantes. Ce jour-là, Ariel M. conduisait sa fille à un rendez-vous médical lorsqu’il s’est engagé sur une piste cyclable. Bloqué derrière Paul Varry, qui s’était arrêté pied au sol, il s’en est suivi un échange tendu de quelques secondes. Le cycliste, mécontent, avait tapé sur la carrosserie pour signifier que l’automobiliste lui coinçait le pied. Après avoir reculé pour libérer la jambe, le conducteur a brusquement accéléré en direction de la victime, qui s’était écartée à pied, et l’a écrasée avec les roues avant et arrière gauches, malgré les alertes visuelles et sonores du véhicule et le fait que Paul Varry se trouvait dans son champ de vision. Dix témoins ont décrit l’attitude « particulièrement inadaptée » du conducteur, qui, après s’être arrêté plus loin, est descendu de sa voiture « calme et détaché », reprochant au cycliste d’avoir endommagé son véhicule.
L’enquête a également révélé une hostilité latente d’Ariel M. envers les cyclistes et les aménagements cyclables parisiens. Ce technico-commercial, déjà sanctionné par deux suspensions de permis, ne disposait plus que de huit points au moment des faits. Placé en détention provisoire depuis l’incident, il avait été brièvement libéré en avril avant d’être réincarcéré. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel, affirmant que leur client « n’a jamais eu l’intention de donner la mort ». De son côté, l’avocat de la famille de Paul Varry a salué une « étape essentielle vers la vérité judiciaire », estimant que cette qualification honorait la mémoire du jeune homme et le combat de ses proches.
L’affaire a pris une dimension symbolique, devenant un emblème des violences routières. L’association Paris en selle, dont Paul Varry était membre, a exprimé sa satisfaction face à la décision de la justice, tout en appelant les pouvoirs publics à prendre davantage au sérieux ces agressions motorisées. En juillet 2025, la ville de Paris avait déjà rendu hommage à la victime en inaugurant une piste cyclable à son nom dans le centre de la capitale.





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