Économie
Le gouvernement face à deux défis parlementaires sur sa politique énergétique

Le Premier ministre Sébastien Lecornu devra répondre ce mercredi à deux motions de censure déposées par l’opposition, après la publication par décret de la nouvelle programmation énergétique. Aucune des deux initiatives ne semble en mesure de renverser l’exécutif.
L’Assemblée nationale examine ce mercredi deux textes de défiance présentés par le Rassemblement national et La France insoumise. Ces procédures font suite à l’adoption par voie réglementaire, le 12 février, de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce document, qui fixe les orientations de la France pour les prochaines années, a été établi après de longues consultations et plusieurs reports.
La feuille de route gouvernementale privilégie une augmentation de la production d’électricité décarbonée, en particulier d’origine nucléaire, afin de réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles. Elle prévoit parallèlement un ralentissement du développement de l’éolien terrestre et du solaire.
La motion portée par le RN dénonce le recours au décret, qualifié d’acte contraire à l’esprit parlementaire. Le groupe critique également le soutien accordé, selon lui, aux énergies intermittentes, qu’il juge dicté par des contraintes européennes. Sur le fond, les députés d’extrême droite estiment que cette politique freine la croissance, présente un bilan trompeur sur le nucléaire et expose les finances publiques à des risques importants.
De son côté, le texte déposé par LFI regrette également cette adoption par voie réglementaire, perçue comme un passage en force. Les insoumis s’opposent en revanche à la relance du programme nucléaire, jugée excessive, et au ralentissement du déploiement des énergies renouvelables. Ils considèrent que seules ces dernières peuvent remplacer rapidement les combustibles fossiles et répondre à l’urgence climatique.
Les chances de voir l’une de ces motions aboutir apparaissent minces. La majorité présidentielle dispose d’une assise solide à l’Assemblée. Par ailleurs, le Parti socialiste a indiqué qu’il ne soutiendrait pas le texte de La France insoumise, invoquant la nécessité de stabilité pour les investisseurs dans les énergies renouvelables. Une majorité des députés communistes, favorables à l’atome, devrait également s’abstenir. Seuls les écologistes ont annoncé leur intention de voter la motion de la gauche radicale, en accord avec son contenu.
L’examen de ces votes de défiance constitue une étape préalable à un remaniement ministériel attendu dans les prochains jours. Ce dernier devrait notamment acter le départ de la ministre de la Culture, Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris.

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