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Économie

Le Gers invente le vin de demain sans alcool

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Dans le sud-ouest de la France, une innovation technologique redéfinit les codes de la viticulture en répondant à une demande croissante pour des alternatives sans alcool.

Au cœur du Gers, un laboratoire unique en son genre travaille à révolutionner l’univers du vin. Le Chai sobre, inauguré récemment à Vic-Fezensac, utilise un procédé de distillation à froid pour extraire l’alcool tout en préservant les arômes et la structure des vins. Cette technique, développée en collaboration entre la start-up Moderato et la coopérative Vivadour, permet d’obtenir un produit fini à 0 % d’alcool sans altérer ses qualités organoleptiques.

Le processus repose sur une réduction de la pression dans des cuves spécialisées, abaissant ainsi la température d’ébullition de l’éthanol. Contrairement aux méthodes traditionnelles, cette approche évite la dégradation des composés aromatiques. Les vins traités, principalement des cépages locaux comme le gros manseng ou le colombard, conservent leur profil gustatif, bien qu’un léger ajout de sucre soit parfois nécessaire pour équilibrer l’acidité accentuée par l’absence d’alcool.

Avec une production actuelle de 6 000 hectolitres, le site vise une croissance annuelle de 50 %, avec l’ambition d’atteindre 80 000 hectolitres à moyen terme. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de mutation des habitudes de consommation, marqué par un recul continu de la demande en vin traditionnel, particulièrement chez les jeunes générations.

Les perspectives économiques semblent prometteuses. Alors que les prévisions annoncent un déclin de 25 % de la consommation de vin d’ici 2035 en France, le marché mondial des vins désalcoolisés pourrait quant à lui quintupler, dépassant les cinq milliards de dollars dans la prochaine décennie. Moderato, déjà présent dans quinze pays, mise sur cette tendance pour imposer le vin sans alcool comme un produit d’excellence, à l’image des grands crus français.

Cette initiative illustre la capacité d’adaptation d’une filière confrontée à de nouveaux défis sociétaux. En transformant un savoir-faire ancestral en réponse aux attentes contemporaines, le Gers confirme sa place de laboratoire d’innovations viticoles.

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