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Zack Polanski, l’éco-populiste qui bouscule l’échiquier politique britannique

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À la tête des Verts britanniques depuis septembre 2025, cet ancien acteur et hypnothérapeute de 43 ans incarne une stratégie de rupture qui séduit au-delà des cercles traditionnels de l’écologie politique.

Il y a encore un an, son nom était inconnu du grand public. Aujourd’hui, Zack Polanski, qui se définit lui-même comme un « éco-populiste », espère propulser son parti vers une percée historique lors des élections locales du 1er mai. Élu à la présidence des Verts avec 84,6 % des suffrages, il a depuis attiré 100 000 nouveaux adhérents, un bond spectaculaire qui lui vaut d’être comparé au maire de New York, Zohran Mamdani.

Son ascension intervient dans un contexte de défiance croissante envers le Parti travailliste de Keir Starmer. Selon Tim Bale, professeur de sciences politiques à l’université Queen Mary de Londres, les Verts étaient déjà bien placés pour capter le mécontentement d’une partie de l’électorat, notamment chez les jeunes et les musulmans des centres urbains. « Sous sa direction, le parti a une chance sérieuse non seulement de gagner des sièges, mais aussi de prendre le contrôle de certains conseils municipaux », estime-t-il. D’après l’institut YouGov, les Verts pourraient même arriver en tête dans huit des trente-deux conseils municipaux de Londres.

Né David Paulden en 1982 dans une famille juive près de Manchester, Zack Polanski a choisi à sa majorité de porter le nom de ses grands-parents, en hommage à ses origines. Ayant bénéficié d’une bourse pour étudier dans le privé, il a souvent évoqué le harcèlement subi en raison de son homosexualité. Après une carrière d’acteur et une parenthèse comme hypnothérapeute, il s’engage en politique en 2015 chez les Libéraux-démocrates, avant de rejoindre les Verts deux ans plus tard. Depuis 2021, il siège à l’Assemblée de Londres.

Sa méthode repose sur une communication décomplexée, empruntée à son expérience théâtrale. Il investit les réseaux sociaux et revendique le besoin de « raconter des histoires », n’hésitant pas à s’inspirer de la stratégie de Nigel Farage, qu’il juge « audacieuse », tout en s’en démarquant idéologiquement. Cette approche radicale, qu’il qualifie d’« éco-populiste », vise à séduire au-delà des cercles de la gauche traditionnelle.

En février, les Verts ont remporté une élection législative partielle, arrachant une circonscription aux travaillistes. Mais cette percée s’accompagne de controverses. Interrogé fin avril sur la série d’incendies visant la communauté juive à Londres, Zack Polanski s’est dit « préoccupé par les actes antisémites », tout en appelant à un débat pour distinguer « sentiment d’insécurité et insécurité réelle ». Après l’attaque antisémite de Golders Green, où deux hommes juifs ont été blessés, il a dû s’excuser auprès des forces de l’ordre pour un tweet critiquant l’interpellation du suspect. Ses positions sur des sujets comme l’Otan ou l’économie sont également jugées floues par ses détracteurs, qui pointent des « lacunes » dans son programme.

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