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Un gouverneur républicain en Californie ? La folle hypothèse qui agite la gauche américaine

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La multiplication des candidatures démocrates pour la succession de Gavin Newsom pourrait offrir une opportunité historique aux républicains dans cet État pourtant solidement ancré à gauche.

À l’approche des primaires californiennes, un scénario longtemps jugé improbable refait surface. Le Golden State, bastion du progressisme américain, pourrait-il voir l’un des siens porter les couleurs du Grand Old Party au poste de gouverneur ? Quinze années après le départ d’Arnold Schwarzenegger, cette éventualité n’est plus totalement exclue. La raison tient à une mécanique électorale singulière. Contrairement à la plupart des États, la Californie organise une primaire unique où tous les candidats, quelle que soit leur étiquette politique, concourent sur la même liste. Les deux finalistes, quel que soit leur camp, s’affronteront ensuite en novembre.

Or, la gauche aborde cette échéance dans une configuration inédite. Aucun favori ne se dégage pour succéder à Gavin Newsom, lequel a épuisé son nombre de mandats et lorgne désormais vers la Maison-Blanche. Cinq prétendants démocrates ont été conviés à un débat télévisé, reflet d’une fragmentation qui profite aux deux candidats républicains les plus en vue. Steve Hilton, ancien conseiller de David Cameron et éditorialiste régulier sur Fox News, bénéficie du soutien de Donald Trump. Chad Bianco, shérif du comté de Riverside à la stature imposante, mise sur un discours sécuritaire et un ton martial. Tous deux estiment pouvoir créer la surprise en accédant au second tour.

Leur message trouve un écho dans une partie de l’électorat. La Californie, quatrième puissance économique mondiale et berceau de la Silicon Valley, connaît des difficultés qui irritent ses habitants. Le coût de la vie y est parmi les plus élevés des États-Unis. Le prix de l’essence, alourdi par les taxes environnementales, pèse sur les budgets. L’immobilier atteint des sommets inaccessibles pour une large part de la population. À Los Angeles et San Francisco, la question des sans-abri demeure un sujet de mécontentement majeur, les politiques publiques engagées n’ayant pas produit les résultats escomptés. Dans ce contexte, le parti au pouvoir paie souvent l’addition du mécontentement populaire.

Pour autant, les analystes restent prudents. La tradition démocrate de l’État reste solide, et environ un quart des électeurs se déclarent encore indécis. Cette frange, dans un scrutin à forte participation, pourrait se tourner vers les candidats de gauche. Par ailleurs, la défiance envers Donald Trump et le camp républicain demeure vive, en particulier après les tensions géopolitiques récentes qui ont fait grimper les prix à la pompe.

Côté démocrate, la bataille s’annonce serrée entre trois figures. Tom Steyer, milliardaire de la finance, prône une taxation accrue des plus hauts revenus et domine pour l’instant les sondages. Xavier Becerra, ancien ministre de la Santé de Joe Biden, capitalise sur son expérience gouvernementale et connaît une remontée notable. Katie Porter, ancienne parlementaire, se présente comme une élue du peuple refusant les financements privés. Derrière eux, le maire de San Jose Matt Mahan et l’ancien édile de Los Angeles Antonio Villaraigosa peinent à dépasser les 5 % d’intentions de vote. Lors du dernier débat sur CBS, la cacophonie a donné une image peu flatteuse de cette compétition interne. Katie Porter elle-même a regretté que l’échange ressemble à un dîner de famille mal géré, chacun parlant en même temps.

Cette confusion pourrait profiter aux républicains, mais rien n’est joué. La primaire du 2 juin départagera les prétendants, et le duel de novembre s’annonce incertain. La Californie, pour la première fois depuis longtemps, pourrait offrir un scrutin à suspense.

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