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L’anesthésiste Frédéric Péchier admet un empoisonnement tout en rejetant sa responsabilité
Devant la cour d’assises du Doubs, l’ancien praticien a reconnu pour la première fois qu’un patient avait été victime d’une intoxication criminelle, tout en continuant de nier fermement toute implication personnelle.
Lors de la quatrième semaine de son procès, Frédéric Péchier a été interrogé sur les deux premiers décès qui lui sont imputés, survenus en octobre 2008 à la clinique Saint-Vincent de Besançon. L’ancien anesthésiste a reconnu que Damien Iehlen, 53 ans, avait bien été empoisonné, marquant un revirement notable par rapport à ses précédentes déclarations. Selon l’accusation, la victime présentait dans son sang un taux de lidocaïne cinq fois supérieur à la dose létale, substance qui aurait été introduite dans une poche de perfusion utilisée lors de l’intervention chirurgicale.
Interpellé par la présidente de la cour sur la nature criminelle du décès, l’intéressé a répondu par l’affirmative, tout en maintenant qu’il n’était pas l’auteur des faits. Il a expliqué avoir initialement jugé « aberrant » qu’une poche de perfusion ait pu être contaminée volontairement, avant d’être convaincu du contraire au cours des audiences. « Quelqu’un a mis les flacons de lidocaïne dans la poche, et ce n’est pas moi », a-t-il affirmé, réitérant ses dénégations quant à sa participation aux événements.
En revanche, Frédéric Péchier a contesté le caractère criminel du décès de Suzanne Ziegler, seconde patiente mentionnée dans la liste des trente empoisonnements présumés. Selon lui, cette femme de 74 ans serait décédée des suites d’une pathologie cardiaque préexistante, et non d’une intoxication. Il a souligné l’absence de preuves tangibles, telles qu’un dosage sanguin ou une analyse des poches de perfusion, pour étayer la thèse de l’empoisonnement dans ce cas précis.
L’accusation a pour sa part mis en avant des similitudes frappantes entre les deux affaires, évoquant une temporalité identique dans l’apparition des troubles médicaux et la présence de lidocaïne dans les deux dossiers. Les experts entendus lors de l’audience ont, selon la présidente, apporté des éléments accréditant la thèse d’une intoxication à la lidocaïne. L’avocate générale a interpellé l’accusé sur la cohérence de ses déclarations, lui demandant si son attitude était compatible avec la gravité des charges retenues contre lui.
Frédéric Péchier est jugé pour trente cas d’empoisonnements, dont douze mortels, survenus entre 2008 et 2017 dans deux établissements de santé bisontins. Les victimes étaient âgées de 4 à 89 ans. L’ancien médecin, qui comparaît libre, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 19 décembre.
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