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L’accord UE-Mercosur ne fait pas l’unanimité chez ses propres signataires
Au sommet du Mercosur au Paraguay, les présidents ont exposé leurs fractures autour du pacte commercial avec l’Union européenne. Entre inégalités…

Au sommet du Mercosur au Paraguay, les présidents ont exposé leurs fractures autour du pacte commercial avec l’Union européenne. Entre inégalités dénoncées et solidarité régionale, l’unité du bloc vacille.
Le 68e sommet des chefs d’État du Mercosur, qui s’est tenu mardi à Luque au Paraguay, a surtout mis en lumière ce qui oppose les pays membres plutôt que ce qui les rassemble. Le président paraguayen Santiago Peña, qui passait la main à l’Uruguay, a ouvert les hostilités en dénonçant les déséquilibres internes du bloc. Selon lui, le terrain de jeu n’est pas le même pour tout le monde. Marchés, industries et logistiques sont trop différents pour que l’accord signé en janvier avec l’Union européenne profite à tous de façon équitable. Il a réclamé des résultats concrets pour corriger ce qu’il appelle des asymétries au goût amer. À quoi bon négocier avec l’Europe si cela ne sert pas à développer les pays les moins avancés du Mercosur? Sous les yeux de ses homologues brésilien, bolivien et uruguayen, il a lancé une question qui résonne comme un avertissement. Veut-on un bloc où le plus fort écrase le plus faible? Pour lui, un Mercosur qui ne serait pas juste en interne ne peut être crédible à l’extérieur.
Les présents ont aussi tourné leur regard vers le Venezuela, frappé par des séismes la semaine précédente. Le Brésilien Lula a invité les dirigeants à observer une minute de silence en solidarité avec le peuple vénézuélien. Il a parlé de pertes incalculables, humaines et matérielles, et appelé à une coopération régionale plus forte face à ce genre de tragédies. L’Uruguayen Yamandú Orsi a annoncé que les autorités de gestion des risques des pays du Mercosur se coordonnent pour apporter une aide concrète, sans donner plus de détails. De son côté, le président chilien José Antonio Kast a profité de la tribune pour parler d’un autre séisme, plus lent et plus silencieux selon lui. Il visait le crime organisé, qu’il présente comme une menace qui peut faire encore plus de victimes que les catastrophes naturelles. Un discours qui colle à sa campagne électorale axée sur la sécurité.
Le sommet a aussi permis de réaffirmer le soutien au gouvernement bolivien de Rodrigo Paz, confronté à des semaines de blocages routiers exigeant sa démission. Santiago Peña a fermement rejeté toute tentative de déstabilisation de ce qu’il a appelé la sœur République de Bolivie, louant un gouvernement légitimement élu. Rodrigo Paz a reconnu que son pays traverse des moments complexes avec des menaces contre l’ordre constitutionnel, remerciant ses homologues pour leur solidarité régionale. Enfin, les chefs d’État ont donné leur feu vert à l’ouverture de négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon, tout en peaufinant les détails techniques de l’accord avec l’UE entré en vigueur en mai. L’Argentin Javier Milei, attendu, avait annulé sa présence au dernier moment, pris dans une tempête politique intérieure autour d’un scandale impliquant son ex-chef de cabinet.

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