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La traque olfactive et numérique au cœur du procès Jubillar

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L’enquête s’appuie sur une convergence d’indices techniques, des relevés téléphoniques aux pistes canines, pour étayer l’accusation contre Cédric Jubillar, qui conteste farouchement toute implication dans la disparition de son épouse.

La cour d’assises du Tarn a entendu jeudi le témoignage de deux gendarmes ayant participé aux investigations dans l’affaire de la disparition de Delphine Jubillar. Leurs explications ont permis de comprendre pourquoi les enquêteurs ont concentré leurs efforts sur la piste du mari, écartant l’éventualité d’un départ volontaire de l’infirmière. Le maître-chien intervenu le matin du 16 décembre 2020 a décrit le travail de sa chienne Maya, qui a suivi une trace olfactive correspondant à Delphine Jubillar sur un chemin de promenade, sans indiquer d’arrêt suggérant une montée dans un véhicule. Pour l’expert, ce parcours a été emprunté dans les vingt-quatre heures précédant son intervention, et le retour de l’odeur jusqu’au domicile rend improbable une sortie ultérieure de la maison.

Cette démonstration s’inscrit dans une stratégie d’accumulation de preuves indirectes. La veille, un analyste criminel de la gendarmerie avait exposé le traitement des données téléphoniques, mettant en lumière les échanges réguliers entre Delphine Jubillar et son nouveau compagnon. Son dernier message, envoyé à 22h55 le 15 décembre, comportait une formule affectueuse accompagnée d’un emoji en forme de cœur. À l’inverse, le téléphone de l’accusé était éteint entre 22h08 et 03h53, un fait présenté comme inhabituel par l’expert, qui a précisé que cette situation ne s’était produite que deux ou trois fois dans l’année.

Mercredi, les débats avaient été marqués par un affrontement prolongé entre la défense de Cédric Jubillar et le major Bernard Lorvellec, chef de l’enquête. Ce dernier a défendu la cohérence des éléments recueillis, allant des témoignages sur les tensions conjugales au comportement du mari après la disparition. Les avocats de la défense, Me Emmanuelle Franck et Me Alexandre Martin, ont vivement contesté ses conclusions, cherchant à en saper la solidité pendant plus de trois heures. Une approche qualifiée de dilatoire par l’un des conseils des frères et sœur de la disparue.

Assis dans le box, Cédric Jubillar, âgé de 38 ans, suit les audiences avec calme. Il n’a pas encore été interrogé sur la nuit des faits, mais a réitéré mercredi son innocence. Le verdict de cette procédure complexe est attendu pour le 17 octobre.

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