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La Tour Kennedy s’efface pour laisser place à un nouveau visage urbain

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Un symbole architectural des Trente Glorieuses a disparu dimanche dans un nuage de poussière, marquant le début d’une vaste transformation pour ce quartier de la métropole lilloise.

La silhouette familière de la Tour Kennedy, haute de 95 mètres, s’est volatilisée en quelques secondes sous l’effet d’un foudroyage contrôlé. Cette opération technique, menée avec précision dimanche matin à Loos, sonne le glas d’un édifice emblématique du mouvement brutaliste, conçu par l’architecte Jean-Pierre Secq et inauguré en 1969.

Ce bâtiment, autrefois fleuron du logement social, avait progressivement perdu de son attractivité. Avec seulement 150 logements occupés sur 220 en 2020, la tour souffrait de désaffection. Ses défis techniques – ascenseurs s’arrêtant aux demi-étages, isolation dépassée – en faisaient un cas complexe de réhabilitation. Les autorités locales ont donc opté pour une démolition raisonnée, préférant réinventer l’espace plutôt que de perpétuer un modèle devenu obsolète.

Le projet s’inscrit dans une démarche plus large de renouvellement urbain pour le quartier des Oliveaux, qui compte entre 7 000 et 8 000 habitants. L’objectif est de rompre avec l’enclavement et de repenser intégralement la circulation et les espaces publics. Le budget global atteint 170 millions d’euros, avec près de 9 millions consacrés à la seule destruction de l’édifice.

Pour certains riverains, l’émotion était palpable. La tour, visible à des kilomètres à la ronde, servait de point de repère dans le paysage urbain. D’autres évoquent avec nostalgie les souvenirs d’enfance gravés dans ces cages d’escalier désormais réduites en gravats.

Cette démolition marque une étape clé dans la mutation du quartier, où la proportion de logements sociaux passera de 88% à 55%. Les habitations disparues seront relocalisées ailleurs dans la métropole, selon une logique de mixité résidentielle. Reste désormais à écrire la nouvelle page de cette histoire urbaine, sur les fondations d’un passé soigneusement déconstruit.

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