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La Poste mise tout sur les colis pour survivre à la chute du courrier

Face à l’effondrement des lettres traditionnelles, le groupe public dévoile un plan ambitieux pour devenir un géant européen de la livraison. Objectif…

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La Poste mise tout sur les colis pour survivre à la chute du courrier

Face à l’effondrement des lettres traditionnelles, le groupe public dévoile un plan ambitieux pour devenir un géant européen de la livraison. Objectif : 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2031.

Le constat est implacable. En 2008, La Poste transportait 18 milliards de plis. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 5 milliards. Et d’ici 2031, il pourrait encore fondre à 3 milliards. Cette hémorragie, c’est 500 millions d’euros de chiffre d’affaires qui s’évaporent chaque année. Pour y faire face, La Poste a choisi de miser sur son autre activité, celle qui explose : le colis. Le groupe public veut devenir le numéro 2 européen de la livraison hors domicile, ces consignes et relais chez les commerçants qui fleurissent partout. Actuellement troisième derrière le polonais InPost et l’allemand DHL, La Poste prévoit de passer de 150 000 points de retrait à 190 000, et de livrer 3,6 milliards de colis dans le monde contre 2,7 aujourd’hui. Le tout avec un investissement massif de 10 milliards d’euros pour moderniser ses outils, ses infrastructures numériques et réduire ses émissions de CO2.

Mais le virage ne s’arrête pas aux colis. La banque et l’assurance, qui pèsent déjà 22% du chiffre d’affaires, doivent aussi monter en puissance. L’idée est de marier le numérique et la présence humaine, tout en élargissant la distribution des produits d’assurance en Europe. Pourtant, un énorme boulet pèse sur les finances : les missions de service public. Distribuer le courrier partout, maintenir des bureaux dans les zones rurales, assurer l’accessibilité bancaire… Ces obligations coûtent cher, et l’État ne les compense qu’à 48% de leur coût réel. Un rapport parlementaire publié mercredi tire la sonnette d’alarme : le déficit dépasse le milliard d’euros et, à moyen terme, c’est la viabilité même de l’entreprise qui est menacée. Les députés réclament une nouvelle loi postale pour garantir un meilleur financement.

Le réseau des bureaux de poste est en première ligne. En 2016, ils recevaient 2 millions de visites par jour. Aujourd’hui, ce n’est plus que 800 000. La Poste veut donc transformer ce maillage territorial : fermer des bureaux sous-utilisés, les remplacer par des agences communales ou des relais commerçants. Environ 200 fermetures par an ont déjà eu lieu ces trois dernières années. La directrice générale assume le discours, expliquant qu’il faut dire la vérité aux citoyens et aux élus. Elle se dit ouverte à certaines pistes, comme distribuer le courrier quatre jours après son dépôt au lieu de trois. Mais sur un point, elle reste inflexible : le niveau de compensation de l’État ne doit pas baisser. Et pour ceux qui s’inquiètent de la concurrence des géants du e-commerce, une précision : Amazon est le premier client de La Poste. Le groupe emploie 230 000 personnes dans le monde.

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