Économie
La Grèce paralysée par une grève générale contre l’allongement du temps de travail


Le pays connaît un mouvement social d’ampleur pour s’opposer à un projet gouvernemental autorisant des journées de treize heures, tandis que les syndicats dénoncent une remise en cause des droits fondamentaux des salariés.
Le territoire grec a connu mercredi un arrêt quasi total des activités à l’occasion d’un mouvement de grève de vingt-quatre heures. Cette mobilisation nationale constitue une réponse concertée au projet des autorités d’introduire la possibilité de journées professionnelles atteignant treize heures. L’ensemble des secteurs vitaux a été touché par cette interruption, des transports ferroviaires aux liaisons maritimes essentielles pour les îles, en passant par les services publics et hospitaliers.
Les deux principales organisations syndicales, la Confédération des travailleurs grecs et la Confédération des fonctionnaires, ont appelé à cette cessation générale d’activité. Des rassemblements protestataires se sont tenus dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Athènes. Les manifestants expriment leur vive opposition à une réforme qu’ils estiment compromettre gravement la santé des travailleurs et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Le texte législatif, défendu par le ministre du Travail, permettrait sous certaines conditions à un employé d’effectuer jusqu’à treize heures de travail quotidien pour un même employeur. Le Premier ministre justifie cette mesure par la nécessité de répondre aux aspirations de nombreux jeunes souhaitant augmenter leurs revenus grâce à des horaires étendus. Le gouvernement insiste sur le caractère exceptionnel de cette disposition, qui ne pourrait être mise en œuvre qu’avec l’accord exprès du salarié et donnerait lieu à une majoration salariale de quarante pour cent.
Cette proposition intervient dans un contexte économique grec marqué par une croissance retrouvée mais fragile. Malgré la baisse du chômage, les rémunérations demeurent modestes, avec un salaire minimum mensuel fixé à 880 euros. Les syndicats dénoncent vigoureusement ce qu’ils qualifient de démantèlement des protections fondamentales des travailleurs. L’organisation proche du Parti communiste a notamment fustigé ce qu’elle perçoit comme une forme d’asservissement moderne imposant des conditions de travail inhumaines.
La situation actuelle révèle des disparités importantes dans les pratiques professionnelles, particulièrement dans le secteur touristique où les employés subissent fréquemment des journées prolongées sans repos hebdomadaire. La durée légale du travail en Grèce excède déjà la moyenne européenne, ce qui renforce les inquiétudes concernant les conséquences sociales d’une nouvelle extension des horaires. Le Parlement n’a pas encore programmé l’examen de ce texte controversé, laissant planer l’incertitude sur son adoption définitive.





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