Politique
La galaxie Bolloré orchestre une grand-messe des droites à Paris


Plusieurs milliers de sympathisants ont assisté à un rassemblement marqué par les thèmes identitaires et sécuritaires, où se sont succédé des figures médiatiques et politiques en vue de la prochaine échéance électorale.
Le Dôme de Paris a accueilli une manifestation politique d’envergure mardi soir, réunissant environ quatre mille personnes dans une atmosphère soigneusement mise en scène. Musique épique et jeux de lumières aux couleurs nationales ont rythmé la soirée, organisée sous l’influence des médias du groupe Bolloré. L’événement a servi de tribune à plusieurs personnalités de la droite et de l’extrême droite, abordant principalement les questions d’identité, d’immigration et de sécurité, dans une optique de préparation pour les scrutins à venir.
La soirée a débuté par une intervention du directeur du Journal du Dimanche, Geoffroy Lejeune, qui a ouvertement critiqué plusieurs titres de presse, provoquant les réactions amusées de l’assistance. Philippe de Villiers a ensuite pris la parole, développant l’idée d’une France menacée selon lui par un « changement de peuplement » et appelant à une politique de « remigration ». Son discours a été chaleureusement applaudi, certains participants allant jusqu’à scander son nom en évoquant une candidature présidentielle.
Un débat animé par Christine Kelly a réuni l’écrivain Michel Onfray et le président de Reconquête, Éric Zemmour, autour de la notion de civilisation judéo-chrétienne. Ce dernier a soutenu que la « croisade » avait selon lui sauvé l’Occident et plaidé pour un retour aux racines identitaires. La présence et les propos d’Éric Zemmour confirment ses ambitions politiques renouvelées, soutenues par les maisons d’édition du même groupe médiatique.
L’événement n’a pas été sans tensions. La ministre Aurore Bergé a été vivement interpellée lors d’un échange sur l’insécurité, face à Claire Géronimi, vice-présidente de l’UDR. Malgré un accueil hostile, la ministre a défendu sa ligne avec fermeté. En revanche, l’avocat Gilles-William Goldnadel a rencontré une oreille plus favorable en dénonçant ce qu’il a qualifié de « racisme anti-blanc » et de « féminisme d’extrême gauche ».
Parmi le public, des participants comme Philippe, chômeur de 55 ans, ont expliqué avoir payé leur place pour avoir accès à une parole « sans filtre ». Foucauld, étudiant en école de commerce, y a quant à lui perçu une étape vers un rapprochement des différentes sensibilités de droite. Plusieurs élus et candidats potentiels ont également pris la parole, à l’image du maire de Cannes David Lisnard, qui a dénoncé la bureaucratie, ou de la députée RN Laure Lavalette, s’inquiétant de la multiplication des kebabs et barbiers dans sa ville.
La clôture de la soirée a été assurée par l’eurodéputée Sarah Knafo, présentée comme une figure montante au sein de la mouvance proche de Vincent Bolloré. Face au pessimisme affiché de l’essayiste Éric Naulleau, elle a défendu un message optimiste, assurant que le combat des idées était en train de porter ses fruits et que le changement restait possible grâce à la méthode et à la détermination.





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