Société
La chorégraphie insaisissable des crayons en apesanteur

Une artiste française a transformé un vol parabolique en laboratoire créatif, où des crayons de couleur liés ont évolué avec une grâce organique dans l’air, sous le regard émerveillé de leur conceptrice.
Accrochés en un faisceau coloré, huit crayons dessinaient des arabesques imprévisibles dans la cabine pressurisée de l’Airbus A310 Zéro-G. L’artiste plasticienne Elise Parré, lors de son initiation à l’apesanteur, assistait fascinée à ce ballet aérien qu’elle n’avait pas entièrement anticipé. La scène se déroulait durant une séquence de microgravité de vingt-deux secondes, au cours d’une manœuvre parabolique organisée par la société Novespace.
L’artiste, dont la pratique mêle dessin, écriture et installations, a confié avoir éprouvé une sensation physique plus intense que prévu. Elle flottait littéralement dans l’habitacle, tête en bas, observant le déplacement de sa création. Pour capter ce moment éphémère, elle avait préalablement installé un fond noir et fixé sa propre caméra dans cet espace aménagé de sangles et de filets de sécurité.
L’inspiration lui était venue d’une anecdote historique concernant Alexeï Leonov, le premier cosmonaute à avoir réalisé une sortie dans l’espace. Passionné de dessin, celui-ci avait imaginé dans les années 1960 un système artisanal pour emporter ses crayons en mission. L’artiste française a réinterprété cette idée avec une dimension poétique, cherchant à donner une existence autonome à cet assemblage.
Le vol parabolique permet de recréer brièvement les conditions de l’apesanteur. L’appareil, après avoir atteint une altitude avoisinant les dix mille mètres, entame une montée à quarante-cinq degrés avant de réduire soudainement sa poussée. Cette manœuvre, répétée une trentaine de fois durant les trois heures de vol, génère ces précieux intervalles d’impesanteur sous contrôle strict d’une équipe technique.
Pour l’artiste, cette expérience unique concrétise un pont entre l’imaginaire et le réel. Elle évoque la dimension à la fois absurde et enfantine de voir voler des crayons, tout en soulignant l’étrange beauté de leur mouvement évoquant une pieuvre. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus vaste qui donnera naissance à une œuvre future exploitant les déplacements de cette structure en microgravité.
Ces vols artistiques sont rendus possibles grâce à l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel de l’agence spatiale française actif depuis l’an 2000. Cette initiative offre depuis 2014 aux créateurs un terrain d’expérimentation singulier, les confrontant à un environnement extraterrestre. D’autres artistes ont précédemment exploité cette opportunité pour réaliser des céramiques, des sculptures ou des gravures inspirées par l’apesanteur.
Les créations issues de ces résidences font régulièrement l’objet d’expositions, comme celle prévue prochainement à Marseille qui rassemblera les travaux de seize artistes internationaux. Parmi les projets les plus remarquables figurent une sculpture de papier réalisée dans la Station spatiale internationale et un dispositif générant des partitions musicales à partir des données de l’environnement orbital.
Assise sur le sol de l’avion dans sa combinaison bleue et blanche, Elise Parré esquisse déjà de nouveaux dessins avec ces mêmes crayons, traçant les contours d’une figure humaine couronnée, premier jalon d’une création qui puise sa source dans l’expérience spatiale.

Faits DiversEn Ligne 7 joursLimoges regarde son hôtel de ville partir en fumée
SociétéEn Ligne 6 joursÀ Limoges, la mairie brûle et le maire accuse l’État d’avoir lâché ses policiers
PolitiqueEn Ligne 3 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 5 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
Faits DiversEn Ligne 7 joursDes commerces du 11e arrondissement pris pour cible après la manifestation
SociétéEn Ligne 3 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 5 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 4 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
















