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Économie

La baie de Morlaix étouffée par l’invasion des algues vertes

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Les ostréiculteurs bretons livrent une bataille quotidienne contre la prolifération des ulves, qui menace la survie de leur activité.

En Bretagne, les professionnels de la mer font face à une situation préoccupante. Les algues vertes, nourries par les rejets agricoles, envahissent progressivement les parcs à huîtres de la baie de Morlaix. Cette prolifération, amplifiée par des conditions climatiques favorables, compromet sérieusement l’avenir de l’ostréiculture locale.

Marc Le Provost, responsable d’une exploitation familiale à Carantec, constate une aggravation du phénomène depuis plusieurs années. Les ulves, en se décomposant, privent les coquillages d’oxygène et entravent leur développement. Pour limiter les dégâts, les ostréiculteurs doivent consacrer un temps considérable à remuer manuellement ces masses végétales, une tâche fastidieuse qui grève leur productivité.

Les scientifiques confirment l’incompatibilité entre ces algues et l’élevage des huîtres. Fabrice Pernet, chercheur spécialisé, souligne que les ulves perturbent l’écosystème marin en réduisant la disponibilité du phytoplancton, essentiel à l’alimentation des mollusques. Pire encore, elles affaiblissent leurs défenses immunitaires, les rendant plus vulnérables aux maladies.

L’origine du problème est bien identifiée. Les nitrates issus des élevages porcins et des engrais agricoles, lessivés par les pluies, alimentent cette prolifération. Malgré une légère baisse des concentrations en nitrate dans les cours d’eau, les quantités restent suffisantes pour entretenir le cycle des marées vertes. Le réchauffement climatique, en prolongeant la période de croissance des algues, aggrave encore la situation.

La récente loi facilitant l’expansion des élevages intensifs suscite l’inquiétude des défenseurs de l’environnement. Pour Arnaud Clugery, porte-parole d’une association bretonne, cette mesure risque d’accélérer la dégradation du milieu marin. Un constat partagé par la Cour des comptes, qui attribue l’essentiel du phénomène aux pratiques agricoles.

Sans action concertée pour réduire les apports en nitrates, les ostréiculteurs de la baie de Morlaix pourraient bien voir leur activité disparaître à moyen terme. Une perspective qui soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre développement économique et préservation des écosystèmes côtiers.

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