Planète
Genève au cœur d’une course contre la montre pour un accord historique sur le plastique

Les délégations de près de 180 pays tentent de sceller d’ici mi-août le premier traité mondial contre la pollution plastique, un défi colossal face aux divergences économiques et environnementales.
La communauté internationale se retrouve une nouvelle fois autour de la table des négociations à Genève, dans l’espoir de parvenir à un texte contraignant pour endiguer la prolifération des déchets plastiques. Cette session, qui s’étendra jusqu’au 14 août, fait suite à l’impasse enregistrée en décembre dernier en Corée du Sud, où plusieurs États producteurs de pétrole avaient bloqué les avancées.
Les chiffres rappellent l’urgence de la situation. Selon les dernières estimations, la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060 si aucune mesure n’est prise. Actuellement, près de 460 millions de tonnes sont fabriquées chaque année, dont une large part est destinée à un usage unique. Le taux de recyclage, lui, peine à dépasser les 10 %, laissant la majeure partie de ces matériaux envahir les écosystèmes terrestres et marins.
Les microplastiques, issus de la dégradation de ces polymères, contaminent désormais l’ensemble de la chaîne alimentaire, y compris le corps humain. Les effets à long terme sur la santé restent mal connus, mais près de 450 scientifiques internationaux ont sonné l’alarme, appelant à une action immédiate.
Le projet de texte soumis aux négociateurs comporte plus de 300 points litigieux, reflétant les profondes divisions entre les parties prenantes. La question la plus épineuse concerne la limitation de la production de plastique vierge, farouchement opposée par certains pays producteurs d’hydrocarbures. Parallèlement, l’établissement d’une liste de substances chimiques dangereuses, comme les PFAS ou les perturbateurs endocriniens, suscite également des débats houleux.
Malgré ces obstacles, certains responsables se veulent optimistes quant à la possibilité d’aboutir à un cadre juridique, même minimal. Les attentes des pays en développement, souvent les plus exposés aux conséquences de cette pollution, pèsent lourd dans les discussions. Une coalition de 96 États, incluant des nations insulaires vulnérables et plusieurs grandes économies, milite pour un texte ambitieux incluant des objectifs chiffrés de réduction.
En marge des pourparlers officiels, la présence active de représentants de l’industrie fossile alimente les critiques des organisations environnementales. Ces dernières dénoncent des pressions visant à édulcorer le futur traité, au détriment de la santé publique et de la préservation des écosystèmes. La balle est désormais dans le camp des diplomates, qui devront trouver un compromis acceptable avant la fin de cette ultime séquence de négociations.

Faits DiversEn Ligne 6 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 5 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 7 joursDarmanin veut que les patrons sachent ce que font leurs salariés pendant les violences
ÉconomieEn Ligne 6 joursMoody’s maintient la note de la France en Aa3 et offre un répit à l’exécutif
PlanèteEn Ligne 6 joursLa sécheresse vide les paniers de champignons
PolitiqueEn Ligne 2 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
SociétéEn Ligne 7 jours70 000 policiers et gendarmes face à un samedi de manifestations à hauts risques
PolitiqueEn Ligne 3 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
















