Culture
Gaspard Koenig, la plume qui fait couler l’eau


_**Le romancier publie « Acqua », un récit où la sécheresse devient le miroir des tensions sociales et politiques d’un village français, à l’heure où la gestion de la ressource hydrique s’impose comme un enjeu local majeur.**_
L’écrivain Gaspard Koenig place la question de l’eau au cœur de son nouveau roman, « Acqua ». L’ouvrage, qui paraît ce vendredi, décrit les conséquences d’une pénurie soudaine dans une commune fictive de Normandie, Saint-Firmin. La disparition de l’eau courante y déclenche une série de conflits autour de sa gouvernance, opposant partisans de l’autonomie communale et défenseurs d’une gestion intercommunale. La sortie du livre coïncide avec le début de la campagne pour les élections municipales de mars, scrutin où la thématique de l’eau devrait occuper une place prépondérante dans de nombreuses collectivités.
L’auteur, lauréat du prix Interallié en 2023 pour « Humus », inscrit ce récit dans un cycle consacré aux quatre éléments. Il y explore, par la fiction, la complexité des rapports humains face à une crise environnementale. Le roman met en scène une communauté de cinq cents habitants, déchirée par des rivalités, des intérêts divergents et des passions personnelles. À travers les figures de Maria, une épicière devenue maire, et de Martin, un haut fonctionnaire héritier de l’ancienne municipalité, se cristallisent des visions antagonistes sur l’avenir du village et de sa ressource la plus vitale.
Gaspard Koenig, qui réside lui-même en Normandie, a mené un travail documentaire approfondi sur les arcanes de la gestion de l’eau, de la distribution à l’assainissement. Son récit intègre, sans didactisme excessif, des notions techniques comme l’hydrologie régénérative. Il se réclame d’une tradition littéraire incarnée par Émile Zola, où le roman se fait laboratoire du réel, exposant les points de vue sans imposer de verdict moral au lecteur.
L’écrivain, par ailleurs chroniqueur, écarte désormais toute ambition d’engagement politique direct. Il estime que le rôle de l’intellectuel ou du romancier consiste avant tout à nourrir la réflexion collective, une mission qui exige, selon lui, une forme de distance et de liberté créatrice. Avec « Acqua », il propose une plongée dans les mécanismes sociaux qui se jouent lorsque une ressource commune vient à manquer, offrant une parabole sur les défis de la gouvernance locale et des solidarités à l’épreuve des crises.





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