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Freeze Corleone écope de 15 mois avec sursis pour apologie du terrorisme

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Le tribunal correctionnel de Nice a condamné le rappeur à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende, estimant que les paroles de l’un de ses titres faisaient l’apologie de l’attentat du 14 juillet 2016.

Le jugement a été rendu lundi à l’encontre d’Issa Lorenzo Diakhaté, connu sous le nom de scène Freeze Corleone. Le tribunal l’a reconnu coupable d’apologie du terrorisme pour des propos tenus dans la chanson « Haaland », interprétée en duo avec le rappeur allemand Luciano. Les juges ont estimé que les paroles évoquaient de manière implicite l’attaque au camion-bélier qui avait endeuillé la Promenade des Anglais, causant la mort de 86 personnes et faisant des centaines de blessés.

Dans ce morceau, l’artiste énonce une phrase restée en suspens : « J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la… ». Si le nom de l’avenue niçoise n’est jamais explicitement cité, la référence a été jugée suffisamment claire par la justice. Lors de l’audience tenue en février, le procureur de la République de Nice avait reconnu que l’art pouvait provoquer, tout en qualifiant Freeze Corleone de « Dieudonné du rap français », dénonçant un fond idéologique malsain et une stratégie mercantile fondée sur la provocation. Il avait requis 18 mois d’emprisonnement avec sursis.

Le rappeur de 33 ans n’a jamais comparu devant le tribunal. Il a choisi de garder le silence durant l’enquête et ne s’est pas présenté au procès ni à l’audience de délibéré. Son conseil, Me Adrien Chartron, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, estimant que la décision relevait davantage de l’arbitraire que du droit, puisque la condamnation porte sur des mots qui n’ont pas été prononcés.

Outre la peine d’emprisonnement avec sursis et l’amende, Freeze Corleone devra verser 2 800 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles. Il lui est également interdit de se rendre dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. Plusieurs victimes de l’attentat et des associations les représentant s’étaient constituées parties civiles, dénonçant une exploitation commerciale de leur souffrance. Elles avaient exprimé leur déception de ne pas avoir pu s’adresser directement au rappeur lors de l’audience. La présidente d’une association accompagnant les enfants victimes de l’attentat avait déclaré ne pas concevoir que l’on puisse glorifier leurs cauchemars, insistant sur le fait que le terrorisme ne devait en aucun cas être présenté comme une image de puissance ou une simple figure de style.

Après avoir été écarté par Universal Music en 2020 à la suite d’une première enquête pour provocation à la haine raciale, finalement classée sans suite, Freeze Corleone avait dû renoncer à ses concerts en raison d’une série d’annulations préfectorales, consécutives à l’ouverture de l’enquête niçoise début 2024. Malgré ces obstacles, sa musique continue de rencontrer un large public sur les plateformes numériques. Le procureur avait rappelé que l’album « La menace fantôme », dont est extrait le duo litigieux, avait enregistré 5,2 millions d’écoutes sur Spotify en l’espace de vingt-quatre heures après sa sortie.

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