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Dany Leprince clame son innocence devant la Cour de révision

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L’ancien employé de boucherie, condamné à la perpétuité pour un quadruple meurtre en 1994, espère obtenir un nouveau procès. La décision sera rendue le 2 juillet.

Devant les magistrats de la Cour de révision, Dany Leprince a réaffirmé son innocence jeudi, lors d’une audience décisive pour son avenir judiciaire. Âgé de 69 ans et libre depuis sa sortie de prison, cet ancien ouvrier a passé dix-huit années derrière les barreaux pour le meurtre de son frère, de sa belle-sœur et de deux de leurs filles, survenu dans leur pavillon de Thorigné-sur-Dué, en Sarthe. « Je tiens à vous dire que je suis totalement innocent », a-t-il déclaré sobrement aux treize magistrats de la Cour de cassation, après cinq heures de débats.

La défense de Dany Leprince mise sur des éléments nouveaux pour convaincre la Cour de révision et de réexamen d’annuler sa condamnation et d’ordonner un second procès. Cette procédure, qualifiée d’exceptionnelle, est pourtant préconisée par l’avocat général. Me Olivier Morice, qui a repris le dossier en 2018, a plaidé que cette affaire « fait déjà partie de l’histoire criminelle française ». La même juridiction avait rejeté une première requête en 2011.

Au cœur des arguments de la défense figure la personnalité de Martine Compain, l’ex-épouse de Dany Leprince, aujourd’hui placée sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une nouvelle information judiciaire. « Avec tous les éléments nouveaux sur Martine Compain, on se pose forcément la question : est-ce qu’elle n’aurait pas commis les faits ? Est-ce qu’elle n’aurait pas a minima participé ? », a interrogé Me Missiva Chermak Felonneau, autre avocate du condamné. La défense estime que le scénario de l’accusation initiale est ainsi remis en cause.

La seule survivante du massacre, Solène Leprince, aujourd’hui âgée de 33 ans, a également pris la parole. Elle a affirmé ne garder aucun souvenir de cette nuit tragique et a contesté les propos qui lui avaient été prêtés à l’époque contre Dany Leprince. « Je suis brisée d’avoir perdu mes parents et mes sœurs, mais aussi en colère qu’il reste des zones d’ombre aujourd’hui », a-t-elle confié, visiblement émue.

Dans son rapport introductif, la conseillère Dorothée Dard a toutefois rappelé que d’autres éléments avaient été retenus contre Dany Leprince, notamment la disparition d’une paire de bottes et d’un pull beige, ainsi qu’un écart d’une quinzaine de minutes dans son emploi du temps le lendemain des faits. Les révisions de condamnations pénales criminelles restent extrêmement rares en France, avec seulement une douzaine de cas depuis 1945.

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