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Dans les centres de loisirs parisiens, une comédienne utilise des marionnettes pour apprendre aux tout-petits à dire non et à protéger leur corps.

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Un spectacle de marionnettes enseigne aux enfants le respect de l’intimité, dans un contexte où le périscolaire parisien est secoué par des affaires de violences.

Dans une salle de maternelle parisienne, une quarantaine d’enfants suivent avec attention les aventures d’Oursinette, une oursonne en peluche qui refuse fermement les avances d’un caneton trop entreprenant. « Pas touche, c’est mon intimité ! » scande la marionnette, sous le regard amusé mais attentif du jeune public. Ce spectacle, conçu par l’actrice Lucie Langlais Vignon, dure une trentaine de minutes et vise à inculquer aux plus petits la notion de consentement, un sujet devenu brûlant dans les écoles de la capitale.

La représentation intervient dans un climat tendu. Depuis le début de l’année 2026, trente et un agents périscolaires ont été suspendus à Paris pour des soupçons de violences sexuelles. Face à cette crise, le nouveau maire socialiste, Emmanuel Grégoire, a dévoilé un plan de vingt millions d’euros, incluant une simplification des procédures de signalement et un renforcement de la formation du personnel. Pour Lucie Langlais Vignon, mère de deux enfants, la prévention passe aussi par l’éducation des plus jeunes. « Un enfant qui connaît ses droits est moins vulnérable qu’un enfant non informé », explique-t-elle.

Son spectacle, joué depuis fin 2023, met en scène des situations où les peluches exercent ce qu’elle appelle leur « super-pouvoir de dire non ». Les enfants sont invités à s’approprier ces gestes et ces mots. Lorsqu’elle demande à qui un petit lionceau triste peut se confier, les réponses fusent : maman, papa, grand-mère, tata, et même le chien de la maison. L’interactivité fonctionne, et les messages semblent passer.

Depuis une vingtaine d’années, des associations travaillent à sensibiliser les élèves au respect du corps et à la lutte contre les violences sexuelles. Pourtant, les séances obligatoires d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle peinent à être généralisées. En décembre 2025, l’État a été condamné pour avoir tardé à les organiser, et plusieurs organisations, comme le Planning familial ou SOS Homophobie, dénoncent un manque de moyens.

Lucie Langlais Vignon voit néanmoins les premiers résultats de son initiative. Elle raconte l’histoire d’une amie dont le fils de trois ans, chez un nouveau médecin, a rappelé au praticien la règle apprise lors du spectacle. « Il lui a lancé : pas touche, c’est mon intimité ! J’étais trop fière de lui », a témoigné cette mère. David Belliard, maire écologiste du 11e arrondissement, particulièrement touché par les récentes affaires, confirme l’impact positif de ces séances. « Les messages passent, même s’il y a toujours un petit moment de rire quand on parle de parties intimes », observe-t-il. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles, près de cent soixante mille enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.

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