Planète
Dans le Versailles des palaces, des travailleurs entassés dans 21 m²
Un homme d’affaires récidiviste louait jusqu’à 250 euros par mois un simple lit dans un appartement insalubre. La police a démantelé ce trafic de misère…


Un homme d’affaires récidiviste louait jusqu’à 250 euros par mois un simple lit dans un appartement insalubre. La police a démantelé ce trafic de misère en plein cœur de la ville royale.
À deux pas de l’avenue de Paris et de son château, une tout autre image de Versailles a surgi. Dans un immeuble discret de la rue de Noailles, les forces de l’ordre ont mis au jour un dortoir clandestin derrière une porte banale. Vingt et un mètres carrés à peine. Cinq couchages entassés dans deux minuscules pièces de 9 et 12 m². Et partout des cafards, sur les murs, sur le sol, dans une saleté accablante. Trois occupants ont été retrouvés sur place, tous en situation irrégulière, logés comme des marchandises dans un espace sans intimité ni hygiène.
Le système était simple et cynique. Chaque locataire versait entre 200 et 250 euros par mois pour un simple lit, sans fenêtre digne de ce nom, sans salle de bain correcte. Un quatrième homme était en vacances au moment de l’intervention de la police, menée à l’aube le 24 juin par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants. Les enquêteurs ont détaillé un habitat indigne où l’exploitation des plus fragiles faisait office de business. Des travailleurs sans papiers, venus chercher une vie meilleure, se retrouvaient prisonniers d’un logement insalubre au prix fort.
Le propriétaire présumé de ce taudis n’en est pas à son premier coup d’essai. Déjà condamné pour une affaire similaire à Élancourt, où il hébergeait trois étrangers en situation irrégulière dans un fast-food, ce quinquagénaire cumule les activités. Gérant de plusieurs restaurants « Fried Chicken » à Versailles et Élancourt, exploitant d’un tabac-presse à Plaisir, il possède aussi un salon de coiffure dans la ville royale. Ce dernier établissement avait déjà attiré l’attention des autorités pour emploi de travailleurs sans titre de séjour. Un parcours entrepreneurial qui cache une mécanique bien rodée, faite de logements indignes et de main-d’œuvre clandestine, au mépris de toute humanité.
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