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Carburants hors de prix, l’exécutif cherche la bonne formule

Le gouvernement dévoile cette semaine de nouvelles aides pour les ménages et les entreprises les plus touchés par la flambée des carburants. Une réponse…

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Carburants hors de prix, l'exécutif cherche la bonne formule

Le gouvernement dévoile cette semaine de nouvelles aides pour les ménages et les entreprises les plus touchés par la flambée des carburants. Une réponse attendue, mais freinée par des finances publiques sous tension et des perturbations mondiales qui devraient s’installer.

Le gazole tourne toujours autour de 2,41 euros le litre. Le SP98 s’affiche à 2,28 euros, le SP95 à 2,22 euros. Pour ceux qui prennent le volant chaque jour, la note devient insupportable. Dans le Nord, Bruno Bodart, artisan de 57 ans, lâche 300 euros pour remplir sa camionnette. Devant une station de La Chapelle d’Armentières à sec de gazole et de sans-plomb, il craint de devoir mettre la clé sous la porte et réclame un geste. Les infirmières libérales, elles, préviennent que leurs tournées chez les patients se font désormais à perte.

Face à cette grogne, l’exécutif tente de reprendre la main. Plusieurs ministres présentent cette semaine leurs dispositifs pour accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés. L’agriculture, le BTP et la pêche profitent déjà d’aides prolongées jusqu’à la fin de l’année. Le gouvernement planche aussi sur un nouveau mécanisme pour prendre le relais du coup de pouce de 100 euros destiné aux gros rouleurs. Seule la moitié des trois millions de personnes éligibles y ont eu recours. Le ministre de l’Economie Roland Lescure défend une aide supplémentaire, versée automatiquement à ces conducteurs.

En parallèle, Emmanuel Macron a écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Il y avance cinq mesures qui réclament le feu vert de Bruxelles pour muscler les approvisionnements et faire retomber les prix. Parmi elles, l’assouplissement des normes de qualité des carburants afin de rendre les raffineries plus productives, l’introduction de biogazole pour les moteurs diesel, ou encore le report du plan méthane prévu pour janvier 2027. Sébastien Lecornu a de son côté enchaîné deux réunions sur les approvisionnements perturbés au Moyen-Orient et sur le soutien à apporter aux Français, à court comme à moyen terme.

Les approvisionnements restent le nerf du dossier. Dix millions de barils de pétrole manquent chaque jour sur le marché mondial, quand la planète en consomme plus de 105 millions quotidiennement. Les risques pèsent surtout sur le kérosène des avions et sur le gazole, très utilisé en France. Pour éviter la panne sèche, l’Etat va autoriser exceptionnellement les distributeurs à vendre du gazole de qualité été, qui peut se figer sous zéro degré, jusqu’au 15 novembre au lieu du 1er novembre.

La tension sociale, elle, est déjà palpable. Des pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers ces derniers jours. Certains responsables politiques redoutent un retour des Gilets jaunes, qui manifestaient jadis contre une taxe sur les carburants. Cette fois, l’exécutif insiste, l’inflation découle d’une guerre lointaine, pas d’une décision fiscale. Mais la marge de manœuvre budgétaire se réduit, entre une dette qui s’annonce record et des taux d’intérêt qui grimpent. Et une autre hausse attend les ménages, celle du prix de référence du gaz, qui bondira de 6,3 % le 1er octobre après 5,6 % en août. Elle se fera sentir dès que les chauffages se rallumeront. Emmanuel Macron doit s’exprimer à la télévision cette semaine pour tenter de convaincre.

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