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Ali Akbar, le dernier crieur de journaux qui enchante le Quartier Latin
_**À 73 ans, ce vendeur pakistanais incarne une tradition en voie de disparition. Son humour et sa persévérance lui ont valu une reconnaissance jusqu’au plus haut sommet de l’État.**_
Chaque jour, Ali Akbar arpente les terrasses de Saint-Germain-des-Prés, son étreinte de journaux sous le bras. À soixante-treize ans, il est devenu le dernier représentant d’une profession jadis florissante dans la capitale. Les habitués comme les touristes guettent son passage, amusés par ses annonces fantaisistes qu’il lance d’une voix tonique. « Bayrou fait son grand retour » ou « La France retrouve le sourire », lance-t-il avec un clin d’œil, transformant l’espace urbain en une scène conviviale.
Son visage fin et sa silhouette menue font désormais partie du paysage. Serveuse dans le quartier depuis plus de vingt ans, Amina Qissi confie que même les murs semblent connaître Ali Akbar. Son absence est immédiatement remarquée, preuve de son ancrage dans la vie locale. Une notoriété qui a traversé les frontières, comme en témoignent les nombreux portraits qui lui ont été consacrés dans la presse internationale.
Le président de la République a d’ailleurs annoncé sa prochaine nomination au grade de chevalier dans l’ordre national du Mérite, saluant son engagement. Arrivé du Pakistan à l’âge de vingt ans, Ali Akbar a connu une existence marquée par les difficultés, ayant exercé divers métiers avant de rencontrer Georges Bernier, fondateur de journaux satiriques, qui lui offrit sa chance. Malgré les épreuves, il n’a jamais renoncé.
Ses débuts remontent aux années 1970, quand une quarantaine de crieurs animaient encore les rues de Paris. Lui choisit de se distinguer en circulant plutôt qu’en restant posté, et invente peu à peu des titres accrocheurs pour égayer la journée des passants. Aujourd’hui, il reconnaît que l’inspiration vient moins facilement, dans un contexte qu’il juge plus confus.
Bien que retraité, il continue de travailler chaque après-midi, même si le nombre de journaux vendus a considérablement diminué. Pour Amel Ghali, jeune femme attablée en terrasse, sa présence offre une parenthèse précieuse à l’ère du tout-numérique. Ali Akbar, lui, affirme vouloir exercer son métier tant que ses forces le lui permettront, porté par le désir simple de semer un peu de gaieté autour de lui.
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